Ne partez pas !!!

août 26th, 2014

Non ce n’est pas encore fini. Je suis bien rentré mais il m’est arrivé encore plein d’aventure à Paris…Demain, au moins deux posts à écrire…A très bientôt…

Saint-Boniface, the french touch in Winnipeg

août 23rd, 2014

Vendredi 22 août. Le réveil est un peu difficile. La soirée arrosée a laissé quelques séquelles chez certains… Emmanuel, encore lui, a acheté plein de gâteaux de chez Tim Hortons, des bons gâteaux canadiens plein de graisses hydrogénées et de sucre concentré. Je prends deux pâtisseries pour goûter, histoire de ne pas mourir idiot et maigre…

Je pars avec Nicolas à la banque dans le quartier de Saint-Boniface pour qu’il encaisse ses chèques et qu’il puisse cloturer son compte en banque canadien. Il rentre à la maison et je profite d’être dans ce quartier français pour le visiter.

Je commence par la cathédrale St Boniface, deux fois détruites par un incendie, deux fois reconstruites.

DSC02605 DSC02607 DSC02612

Le feu est le symbole représentatif de cet édifice : 1860, premier incendie et destruction de cet imposant monument. 1968, 2 mois après notre joli mois de mai, un terrible incendie ne laisse debout que la façade qui apparaît sur la photo. Au lendemain du sinistre, Monseigneur Baudoux, archevêque de Saint Boniface, ne souhaite pas dépenser des sommes colossales pour la reconstruction de cet édifice alors que des millions de gens meurent de faim. A réfléchir par ces temps de vache maigre… La nouvelle cathédrale est donc celle qui apparaît sur la photo et qui ne ressemble pas vraiment à un monument religieux… en espérant que les pauvres ont eu à manger !

Juste à côté, l’ancien cimetière avec un panneau assez surprenant où je reconnais bien l’humour anglo-saxon : 100$ pour de magnifiques photos avec de jolies croix, trop classe ! Quand on dit que le mariage est un tue-l’amour !!!

DSC02609

 

Je continue ma ballade par le musée de Saint Boniface qui se trouve dans un ancien couvent.

DSC02613
L’édifice est exceptionnel. Il est le plus ancien bâtiment de la Ville de Winnipeg. Il est aussi la plus grande construction à charpente en rondin de chênes en Amérique du Nord. L’ancien couvent fut un orphelinat, une école, un foyer pour personnes âgées. Il devint le premier service hospitalier du futur hôpital de Saint-Boniface.

Ce musée est aussi à la gloire de Louis « David » Riel qui était un homme politique canadien, chef du peuple métis dans les Prairies canadiennes et fondateur de la province du Manitoba. Il a dirigé deux mouvements de résistance contre le gouvernement canadien dans le but de protéger les droits et la culture des Métis, alors que l’influence canadienne se faisait de plus en plus sentir dans les Territoires du Nord-Ouest. Ses prises de positions ont été controversées : pour certains, il était le porte-parole des doléances des métis, pour d’autres un dangereux activistes qui lui a valu d’être condamné à la pendaison. Avant sa mort, des prémices de délires mystiques entachèrent sa réputation. Beaucoup d’avenues et de rues dans le Canada francophone portent son nom.

DSC02615

Je poursuis mes flâneries solitaires, je marche seul, sans témoin, sans personne. Que mes pas qui résonnent, je marche seul, acteur et voyeur…La découverte d’un pays à pied est vraiment le moyen le plus lent pour se déplacer mais le plus rapide pour « sentir » l’atmosphère et l’ambiance d’une rue, d’un paysage ou découvrir les us et coutumes des autochtones.

Longtemps je me suis demandé qu’elle était cet étrange tube qui sortait des bouches à incendie. Servait-il à démultiplier la force pour ouvrir l’eau en cas d’incendie ou tout simplement, à repérer cette même bouche quand plus d’un mètre de neige était tombée ?

 

DSC02623

On me dit de suivre la rue principale pour arriver au centre du quartier. J’ai beaucoup de mal avec les « centres » des quartiers canadiens car ils n’existent pas vraiment ! D’ailleurs les deux photos ci-dessous vous montrent le centre du quartier St Boniface !

DSC02604DSC02621

 

Les agences de vente d’immobilier ressemblent étrangement à la France, n’est-il pas ??

DSC02620

 

Je trouve un restaurant français mais il est malheureusement fermé. Le dessin mural doit symbolisé la vie française telle que se l’imaginent les Canadiens…

DSC02622

En flânant, je tombe sur une exposition en plein air d’artistes locaux. J’aime le principe de l’art qui s’affiche gratuitement et à la vue de tous. La création devrait s’exposer de cette façon, visible aussi bien aux riches qu’aux pauvres…

DSC02627 DSC02626 DSC02625

Je trouve que ce loup en tôle peinte est bien représentatif de la peur qu’engendre cette bête depuis que l’homme est homme.

DSC02631 DSC02633

 

 

 

 

 

Je m’engage sur Provencher Bridge, le pont qui traverse la rivière rouge et relie le quartier St Boniface au reste de Winnipeg. Je prends en photo « Chez Sophie sur le pont », le restaurant où travaille Guillaume, un copain de Nicolas. Le restaurant est situé sur le pont donc inaccessible en voiture. Il parait que les travaux pour installer des sanitaires aux normes environnementales ont coûté presque autant que le restaurant en lui-même…

DSC02611 DSC02630

En exclusivité, vous avez devant vous le musée canadien des droits à la personne qui ouvrira ses portes en septembre 2014. Le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) est le premier musée exclusivement consacré à l’évolution des droits de la personne, à leur avenir et à leur célébration. Son but est non seulement de créer un carrefour national voué à faire connaître les droits de la personne, mais aussi de contribuer à l’avènement d’un nouveau leadership en matière de droits de la personne, tant au Canada qu’à l’échelle planétaire.

DSC02634

Et oui, vous l’aviez deviné, j’ai enfin trouvé l’usine à Candy Crush ! Incroyable non ?

DSC02638

J’ai pris aussi une photo de la prise qui dépasse de l’avant de beaucoup de voitures à Winnipeg. Les Canadiens la branchent l’hiver sur le secteur pour pouvoir réchauffer le liquide de refroidissement et l’huile moteur pour éviter que tout soit figé lors du démarrage pendant les longues périodes glaciaires… Quoi, qu’entends-je, mais dit donc, Fred, il y a une plaque d’immatriculation sur l’avant de cette voiture ! Après une rapide recherche sur Internet, j’ai trouvé ceci mais je ne suis sur de rien…:
« Au Canada, l’Alberta, la Saskatchewan, l’ile du prince Édouard et la Nouvelle-Écosse ainsi que le Québec n’exigent qu’une seule plaque…  »

Je me fais une petite pause café dans un bar…japonais. Musique d’ambiance, personnel attentif, c’est un peu un havre de paix au milieu de la circulation urbaine intense à cette heure. Seul petit couac, la serveuse me tend une facturette de 7,50$ ! Je lui tends un billet de 10$ et elle me demande s’il faut qu’elle me ramène la monnaie. Je fais mon maudit français et fais mine de ne rien comprendre pour qu’elle me rende ma monnaie. J’en vois certains qui s’offensent de la malhonnéteté nippone. Que nenni braves gens. Au Canada, le service n’est pas compris dans le prix et il appartient au client de laisser une somme pour ce service. Le montant se situe entre 10 et 15% du prix mais cette brave et jolie japonaise me demandait allègrement plus de 30% de pourboire ! Je lui ai laissé, malgré tout, plus de 1,25$ en sus, soit plus de 15%. Il faut noter que 10% est assez mal vu et signifie souvent qu’on a été mécontent du service. Valentin, un colocataire avec Nicolas, ne travaille pas en cuisine mais en service. Pendant tout son séjour au Canada, il n’a pas utilisé la paye versée par son restaurant mais a entièrement vécu avec les pourboires donnés par les clients. Cuisinier est un beau métier mais serveur permet d’avoir d’autres avantages !

Je passe la soirée sans Nicolas, il est d’extra ce soir pour le repas d’un mariage. Encore couché de bonne heure le fiston ! Mais que font les parents ???

Dans presque deux jours, je foulerai le sol français après 3 semaines d’un périple qui m’a vraiment immergé dans cet immense pays qu’est la Canada. Je ferai un petit post sur tout ce que m’a apporté ce voyage.

Nicolas doit rendre la box Internet dans l’après-midi de samedi. Je ne sais donc pas trop quand je pourrai poster d’autres billets d’humeur…

SCOOP : il parait qu’un volcan est en train de se réveiller en Islande et que ce pays aurait fermé son espace aérien…La route vers l’Europe va-t-elle être bloquée ? Tenez nous au courant si vous avez des infos avant nous…

 

 

 

Noé était-il du Manitoba ??

août 22nd, 2014

Jeudi 21 août. Ce jeudi matin, après la soirée pantagruélique que nous avons passée avec Nicolas, je me décide à partir à la découverte de Winnipeg. Je regarde ce qui me semble intéressant à voir et mon choix s’arrête sur le quartier St Boniface, le seul quartier français de Winnipeg.

Nous recevons la visite de Brigitte, la coordinatrice du programme d’immigration et qui a en charge tous ces jeunes gens, avec laquelle je discute un petit peu. Je m’aperçois que, dans mon périple, j’ai été dans de nombreux endroits qu’elle ne connait pas. Je lui rétorque que c’est comme la France, ce sont les touristes qui la connaissent le mieux. Elle me parle aussi de l’ouest canadien qui est de toute beauté, voilà déjà des idées pour un prochain road-movie ???

Les habitants de Winnipeg ne se plaignent pas des chaleurs quasi-insupportables de l’été car ils savent apprécier à sa juste valeur la clémence du ciel bleu avant les froids sibériens qu’ils connaissent depuis quelques années…A propos de froid, je ne résiste pas à vous montrer un petit dessin trouvé sur Internet et qui a été diffusé cette année. Étonnant, non ?

froid_winnipeg

Conclusion, il faut profiter de l’été ! Je me fais une petite sieste après le repas et me prépare à partir, sauf que, sauf que le temps en décide autrement. D’énormes nuages noirs s’amoncellent dans le ciel, prémices à un orage venu de nulle part et qui s’annonce dantesque. Et le mot n’est pas vain : tout à coup, le ciel s’ouvre en deux et déverse toute l’eau dont Noé avait besoin pour son boat-people animalier. Je suis seul dans cette grande maison et cours un peu partout pour fermer toutes les fenêtres qui sont ouvertes en permanence, les moustiquaires protégeant l’entrée des petits et gros intrus. Damned, me dis-je, j’ai oublié la chambre de Nicolas !! Je monte au troisième étage et constate qu’il y a une mare d’un m2 devant sa fenêtre…

Ça frappe à la porte, je redescends ouvrir et voit devant moi Ben, un locataire de la maison, complètement trempé et transit, simplement en ayant fait quelques mètres sous la pluie. Les sirènes des pompiers n’arrêtent pas de sonner, la rue devant la maison est devenue impraticable, il y a plus de 10 cm d’eau par endroit. Winnipeg ou la ville des extrêmes ! Quand il fait chaud, c’est caniculaire, quand il fait froid, c’est polaire, quand il pleut, c’est canadair…

La pluie s’installe et rafraîchit l’atmosphère, alléluia ! nous pourrons bien dormir cette nuit. A toute chose, malheur est bon comme ils disent au Canada. Nicolas revient beaucoup plus tôt que prévu. J’espère qu’il ne s’est pas blessé en cuisine : les coupures ou les brûlures sont quand même fréquentes dans son métier.

Son stage vient de finir bien plus tôt que prévu ! Son restaurant a été complètement inondé, 5 cm d’eau à l’intérieur de la salle de restaurant dans laquelle, mercredi, nous dégustions des mets extraordinaires…Il est au moins fermé jusqu’à dimanche en sachant que Nicolas part lundi…This is the end, je crois…

Emmanuel, l’ancien Resident Assistant, un black au sourire étincelant, débarque avec 6 énormes boites à pizza et une bouteille de rouge. C’est lui qui offre ce dernier repas pour ses amis frenchies, trop sympa le gars ! Et son rire sonore et communicatif ne laisse personne indifférent. Le Resident Assistant est une personne logée gracieusement par l’université mais qui, en contrepartie, doit veiller à la bonne marche de la communauté des personnes logées dans cette maison.

Nous calons après 3 parts de pizza chacun, il y en aura encore pour ceux qui veulent demain midi. Le vin rouge disparait dans les corps et biens et le Cuba Libre fait son apparition : la soirée s’annonce chaude !! Nicolas met de la musique avec sa super enceinte Logitech bluetooth : La UE Boom se présente sous la forme d’un cylindre disponible en plusieurs coloris qui produit un son stéréo à 360 degrés et 360 degrés, c’est hyper chaud ! J’écoute ce qui se dit (et ce qui ne se dit pas…) et des piques commencent à fuser sur un de leurs colocataires qui visiblement n’a pas compris quel était son intérêt à venir faire un stage au Canada. Je pense qu’il doit être atteint de surdité tellement les oreilles lui sifflent ! Les garçons (car j’ai entraperçu une seule fois, la seule et unique fille) de la maison sont visiblement très en forme et piaffent d’impatience à l’idée d’aller au pub. Il est 23H30, l’heure de voir si Winnipeg n’est pas complètement sous l’eau. Je les regarde partir, je préfère laisser mon fils gérer ses sorties tout seul comme un grand.

Je les entends rentrer vers 2H00 du matin et un vague brouhaha où perce parfois la grosse voix de Nicolas and the sound of Logitech accompagnent mon sommeil jusqu’à 4H00, heure légale de coucher à 284 Balmoral Street et où les garçons s’éteignent les uns après les autres !

Bonne nuit…ou pas….

295 York in Winnipeg… que du bonheur !

août 21st, 2014

Mercredi 20 août, je me lève comme Nicolas vers 10H30, c’est trop bon la grasse matinée dans une chambre au calme.

Le programme d’aujourd’hui est cool. Pas de visite, pas de déplacement, farniente et récupération et surtout lessive car je vais bientôt mettre mes slips à l’envers pour en avoir des propres. La maison est dotée d’une énorme machine avec un sèche linge. Il est fortement conseillé d’utiliser le sèche linge car le climat chaud et humide de Winnipeg a tendance à faire moisir le linge.

Nous allons faire des courses dans une épicerie fine italienne et j’en profite pour acheter une bouteille de rouge chilien, mon premier verre de rouge depuis des lustres, ça se fête ! Dans la rue, il fait une chaleur étouffante dés le matin et la climatisation des magasins est vraiment la bienvenue.

Leur maison est située dans un quartier populaire de Winnipeg et le silence de la nuit est souvent ponctué par les sirènes des pompiers ou de la police. Winnipeg est la troisième ville canadienne en terme de criminalité, c’est maintenant qu’il nous dit ça mon fils ! Et les chiffres sont éloquents : 2 fois plus de crimes que la moyenne canadienne… La peur n’évitant pas le danger, cela fait 3 mois qu’il est ici et il ne lui est rien arrivé, alors… Mais quand on sait que l’origine du mot Winnipeg signifie « eaux troubles », on comprend peut être mieux…

La journée se passe au calme avec une mise à jour importante de mon blog car cette fois, j’ai pris beaucoup de retard. Il est prévu que nous allions manger au restaurant de Nicolas ce soir, je crois que ça lui fait très plaisir d’inviter son père dans cet endroit qui l’a accueilli et formé pendant 4 mois.

La journée est caniculaire et propice à une bonne sieste même si la chambre est une étuve. Après ce repos bien mérité, je m’occupe de mon linge et nous nous préparons gentiment pour aller au 295 York, nom et adresse du restaurant de Nicolas.

GNdUebv2tFw4cWLa façade est quasi inexistante, l’entrée est sous un porche, il faut vraiment savoir qu’il y a un restaurant ici. Ne serait-ce point dans un coupe-gorge que mon fils m’entraîne à moins qu’il ne s’agisse d’un sordide bouge ?

Une fois la porte ouverte, changement de décor complet, la classe internationale, je demande à Nicolas si mon tee-shirt rouge des Blues Brothers et mon bermuda ne sont pas un peu trop décalés dans ce lieu cosy et intimiste ? T’inquiètes Paupiette me dit-il et nous sommes accueillis par Jason, le préposé au bar et cocktail. Je suis épaté avec quelle facilité et fluidité Nicolas manie la langue anglaise. Je ne fais peut être pas tâche avec mon accoutrement, n’empêche qu’il n’y a que des femmes et des hommes élégamment vêtus !

Le serveur, Karl, discute le bout de gras avec mon fils,ce qui est assez logique dans un restaurant ! On nous amène un joli cocktail à base de vodka, et je laisse toute latitude à Nicolas pour le choix du menu car j’ai un peu de mal avec les ingrédients anglais. Finalement, notre choix s’arrête sur le menu gargantuesque ci-dessous :

Duck quesadillas : confit de canard avec des poivrons et des épices, brie, roulé dans une feuille de tortilla

Bœuf and crostinis : bœuf fumé sauce raifort,  moutarde à la Guinness, roquette et parmesan

Bison cuit sous vide à 73 ° pendant 24 h, purée de piment vert, purée de pomme de terre, et brocolinis

Filet mignon de bœuf, purée de pomme de terre et brocolinis

Gâteau au chocolat avec viennoise et craquant, gelato au caramel

Vin rouge d’Argentine

Tous ces mets sont exquis, mes papilles ont du mal à s’en remettre devant l’abondance des fumets, des textures et des odeurs. Il y avait vraiment très très longtemps que je n’avais pas mangé une nourriture aussi céleste ! Et le vin rouge argentin aux tanins puissants et à l’âpreté contenue fait exploser toutes ces saveurs dans un feu d’artifice magnifique et payen.

Un tel repas est propice au dialogue et à la discussion, c’est aussi et surtout ça la cuisine, l’occasion d’échanger nos points de vue avec mon fils que je n’ai pas vu grandir…

Il me parle de sa passion pour la cuisine, de ses envies, de sa vie quoi ! Contrairement à pas mal de ses colocataires dans leur grande maison, Nicolas a très bien vécu l’éloignement avec la France car c’était un vrai choix de venir au Canada et il s’est aussi énormément investi avec l’équipe de son restaurant. En clair, il savait pour qui et pour quoi il était ici. Il se demande s’il tient plus de sa mère ou de moi, je lui réponds que je crois que, depuis tout petit, il tient surtout et avant tout de lui… Il m’explique aussi la cuisine qu’il aimerait faire, inventive, créative mais il ne souhaite pas vraiment travailler dans un restaurant gastronomique à la recherche de ses étoiles : trop de contrainte, trop de cadre. Je suis assez d’accord avec lui. Il me dit aussi qu’il a beaucoup de chance d’avoir déjà toutes ces expériences, je lui réponds que très souvent la chance se provoque et qu’il a surtout mis plein d’atouts dans le jeu de sa vie pour avoir l’infime privilège de choisir ce qui lui plait.

Nous parlons aussi de l’éducation que sa mère et moi lui avons donné, de l’autonomie qu’il a eu pour faire ses propres choix. Il me vient soudain une métaphore : être parent et éduquer ses enfants dans le respect de chacun, c’est être les petites roues quand un petit enfant apprend à faire du vélo. Ça lui permet d’apprendre la vie et de ne pas tomber mais c’est lui qui reste complètement maître de la direction à donner à sa propre vie. Et en écrivant ses lignes, il me revient à la mémoire ce passage du livre de John Irving, l’oeuvre de Dieu, la part du Diable :
– Et le problème de l’amour, ajouta-t-il, c’est qu’on ne peut forcer personne. Il est naturel de désirer que ceux qu’on aime fassent ce que l’on veut, ou ce que l’on croit bon pour eux, mais on est obligé de laisser les choses leur arriver.On ne peut pas plus intervenir dans la vie de ceux qu’on aime, que dans la vie des gens que l’on ne connait pas. Et c’est dur, dit-il encore, parce qu’on a très souvent envie d’intervenir – on a envie d’être celui qui tire les plans.
– C’est dur d’avoir envie de protéger quelqu’un et d’en être incapable, fit observer Ange.
– On ne peut pas protéger les gens, petit, répondit Wally. Tout ce qu’on peut faire, c’est les aimer…

Nicolas demande l’addition et je comprends bien qu’il souhaite diviser par moitié l’addition. Je le laisse faire et je suis heureux de cet instant de partage dans tous les sens du terme…

Encore merci mon grand pour cet instant magique…

 

 

Départ de Toronto et arrivée à Winnipeg

août 21st, 2014

Mardi 19 août, Nicolas émerge doucement d’une bonne nuit de sommeil, il ne s’est pas couché aussi tôt depuis, depuis…il ne s’en souvient d’ailleurs plus. Et du coup, il ne s’est pas levé aussi tôt depuis le même temps. Tranquillement, nous reprenons notre route vers le parking en constatant qu’il y avait de la place devant cet hôtel et que nous aurions économisé 12$ de parking. Mais ça, on ne le savait pas, ce n’est pas donc pas la peine de se mettre la rate au court bouillon pour ce petit détail. Nous avons le projet d’aller visiter ce matin la Casa Loma, une maison bourgeoise un peu extravagante située sur les collines de Toronto et recommandée par le guide Hachette du Canada. Mon fidèle GPS nous conduit directement au sein de cette demeure et après avoir payé le parking et l’entrée de la Casa Loma, nous pouvons nous lancer dans la visite de cette demeure de 98 pièces dont 30 salles de bain  et 6000 m² habitables, autant dire du grand n’importe quoi !

Cette demeure fut construite pour Sir Henry Pellatt, richissime hommes d’affaire et ancien militaire qui voulait, à l’époque, avoir une des plus grandes résidences privées de toute l’Amérique du Nord. Ce personnage haut en couleur, sa femme et leur enfant n’habitèrent qu’à peine dix ans dans leur gigantesque demeure de 1904 à 1914 avant de faire faillite.

DSC02594 DSC02595

Aujourd’hui, c’est la ville de Toronto qui en assure l’entretien. Autant vous dire tout de suite, ce ne fut pas notre tasse de thé avec Nicolas de visiter une succession de pièces toutes plus démesurées les une que les autres. Ma première impression fut de penser au roi de Bavière, Louis II, est son célèbre château de Neuschwanstein dont l’extravagance et la folie de son propriétaire pouvait surement être comparé au propriétaire de la Casa Loma (la maison sur la colline).

Sir Henry Pellatt fit même installer de véritables grandes orgues dans son salon, un fou je vous dis !

DSC02596 DSC02597

En sortant, nous tombons sur la voiture de son jardinier venu s’occuper des espaces verts !

DSC02600 DSC02601

Un peu déçu par cette visite, nous allons nous venger dans une pizzeria sur une avenue de Toronto. Je me fais réprimander par la serveuse car nous n’avons pas le droit de fumer en terrasse. Eliott Ness n’est pas loin et les lois contre la prohibition aussi !

Après le repas, j’entame le rangement de la voiture car, dans une heure, nous devons la rendre à l’aéroport de Toronto et prés de 3 semaines d’utilisation en résidence secondaire ont quelque peu changé la physionomie de ma belle américaine !

Nous partons pour l’aéroport en disant au revoir à l’est du Canada et arrivons à l’aéroport sans encombre malgré une petite frayeur à l’arrivée du parking souterrain des agences de location. Juste avant d’arriver, et une fois la barrière levée, Nicolas hurle dans la voiture « Attention, arrêtes toi, on va avoir les pneus crevés ! « . 4 mois sans voir la France aurait-il perturbé le système endocrinien de mon fils bien-aimé ? La bière canadienne contient-elle des adjuvants illicites non adaptés à un jeune public francophone ? Effectivement, au sol, de petits crocs métalliques n’engagent pas à avancer malgré l’ouverture automatique de la barrière. Après une lecture approfondie du panneau de signalisation, nous comprenons, qu’une fois engagé, il ne faut surtout pas reculer car nous risquons d’exploser les pneus. C’est un système qui permet à une voiture d’entrer mais de ne surtout pas ressortir. Plus de peur que de mal ! Nous arrivons assez tôt à l’aéroport car je ne sais absolument pas combien de temps prend l’état des lieux de la voiture. Un agent Avis nous fait signe de nous garer, scanne le code barre sur le pare-brise, fait un tour rapide de la voiture, nous donne un reçu avec 0$ à payer (!!) et nous fait signe d’y aller ! C’est tout ! 5mn, montre en main ! Du coup, nous avons du temps pour notre avion sachant que Nicolas et moi ne sommes pas au même terminal.

Il fait une chaleur lourde et moite au sein de l’appareil et je décide de filmer le décollage afin d’apporter des preuves aux agents du BEA (Bureau Enquête Accident) si notre appareil explose au décollage…

Nous sommes partis pour plus de 2 000 km vers l’ouest canadien, vers Winnipeg, capitale de l’état du Manitoba où Justin Bieber a vécu une grande partie de son enfance, ceci expliquant cela ! J’essaye de dormir un peu mais nous sommes serrés comme des sardines et c’est loin d’être évident. Curieux, je regarde par le hublot et un magnifique spectacle s’offre à moi. J’ai l’impression d’être un capitaine au long cours naviguant sur une mer de nuages, c’est magnifique, poétique, tic tic dans sa petite boutique…

Le voyage dure un peu plus de 2 heures et je filme aussi les environs de Winnipeg. On remarque tout de suite le relief très plat de cette ville qui s’étend sur prés de 500 km² soit plus de 4 fois la superficie de Paris pour un peu plus de 600 000 habitants…

La ville actuelle de Winnipeg fut créée par l’incorporation de plusieurs cités de banlieue, une organisation qui subit ensuite des ajustements mineurs. À cause du terrain plat inondable, la législation décourage l’urbanisation hors des limites de la ville qui est donc entourée de champs.

Etant consciencieux jusqu’au bout, et toujours dans le cadre de ma participation au BEA, vous avez en exclusivité l’atterrissage sur l’aéroport de Winnipeg…Prenez le temps de regarder les ailes de l’avion, c’est impressionnant, on dirait une chrysalide qui va bientôt devenir un joli papillon !

J’attends Nicolas à l’aéroport car son vol arrive un peu plus tard, et la première impression que je ressens est l’espace…Tout est grand et il n’y a pas beaucoup de monde et surtout, la chaleur à 21h00 est encore importante. Et pourtant, pourtant, l’hiver qui vient de se terminer a été le plus froid que Winnipeg ait connu depuis 1898 avec des températures MOYENNES de décembre à février de -20,3 °C ! Les précipitations de neige ont également été les plus importantes depuis 116 ans. Qui dit encore que le dérèglement climatique n’est que le délire de scientifiques peu scrupuleux ?

Nous nous retrouvons pour prendre le taxi qui va nous conduire dans l’antre de Nicolas où il a cohabité avec 10 autres personnes pendant 4 mois. Le taxi roule comme un fangio sur des routes africaines et nous sautons en cœur sur des sièges défoncés en espérant que notre taxi sait ce qu’il fait… 16$ plus tard, nous arrivons dans une banlieue dortoir de Winnipeg où une grande maison nous accueille. Une grande pièce servant de cuisine réunit les dix personnes du groupe au moment des repas ou des apéros et les trois frigos présents sont bien remplis. Nicolas me montre sa chambre, j’ai trop de la chance, sa chambre a un matelas supplémentaire ce qui me permet de m’installer confortablement, du moins aussi bien qu’en auberge de jeunesse. Installé à la table de la cuisine – salle à manger, je vois défiler des jeunes dont j’ai du mal à retenir les prénoms car j’ai l’impression qu’il en sort de partout et que ce n’est jamais les mêmes têtes que je vois ! Impressionnant !

Nous venons encore de prendre 1 heure de décalage dans la vue, 7 heures de moins qu’à Paris, le retour promet d’être difficile pour se réadapter ! Nicolas nous prépare à manger, ça me fait tout drôle, quand nous nous voyions sur Mâcon, c’était moi qui m’occupais de préparer le repas. Il nous fait de délicieuses pâtes au poulet/curry, il assure mon fils !

Le rythme dans la maison est un peu…hors du temps. Levé vers midi, travail à partir de 16H00 jusqu’à 22, 23H00 puis sortie jusqu’à 2 à 3 heures du mat ! Ce soir, pas de sortie mais ce n’est que partie remise ! Nous nous couchons dans une chambre au 3ème étage surchauffée et moite, la nuit promet d’être agitée !

 

Toronto dans l’hémisphère sud ??

août 21st, 2014

Lundi 18 août, je me réveille avant Nicolas après une très bonne nuit dans notre motel soit disant pouilleux. Je prends la tablette et me lance dans la réservation d’un hôtel à Toronto. Cette fois, je fais attention aux dates, on ne m’y reprendra pas ! Je décide de changer de site pour réserver et passe de booking.com à tripadvisor.com. Le changement, c’est maintenant ! Je lance ma recherche sur Toronto mais ne trouvant pas l’hôtel que je souhaite, je lance une recherche multi-critéres avec un tri par le prix. Génial, une chambre avec deux lits en plein centre ville pour 32$ la nuit. Inespéré, je vous le dis comme je le pense, inespéré ! La Gloria Residence Inn, Cebu, les photos ont l’air parfaite, je rentre les coordonnées complètes de ma carte bancaire et avant de valider,un horrible doute m’assaille… C’est bizarre, je n’ai pas vu marqué Toronto. Mais si, j’ai du mal lire, allez Fred, t’assures sur Internet ! JE VALIDE !!!! Et je fais une recherche sur Google Maps IMG_20140821_060042 Cette fois-ci, j’ai bien réservé à la bonne date mais….aux Philippines !! P…de B….de M….., Nicolas ouvre un oeil, décode la situation dans un demi sommeil et….éclate de rire de bon matin… 32$ (environ 20€) donné au développement des Philippines et toujours pas d’hébergement pour la nuit qui vient ! Je reprends la tablette, télécharge l’application Booking pour Android et me remets à mes recherches avec dévouement et application. Les prix ne sont les mêmes mais nous sommes à Toronto ! Je réserve une chambre dans le Chinatown de Toronto, nous sommes à peine à 2 km du centre, ça m’a l’air pas mal, en tout cas moins loin que les Philippines… Bilan des courses : si vous vous rappelez du dernier post, je m’étais trompé dans les dates d’arrivée à Niagara Falls. Si le FBI ou la NSA m’espionnent, j’ai réservé 3 nuits aux mêmes dates mais à 3 endroits différents : Niagara Falls, les Philippines et Toronto ! Quand je vous parlais de don d’ubiquité… Ça fera des souvenirs à raconter à mes petits enfants. Mes enfants, à vous de jouer ! Nous partons vers 11h, maintenant que nous sommes deux, tous les temps de préparation sont doublés, et puis nous sommes en vacances ensemble avec mon fiston. Nous arrivons à nous garer dans un immense parking où Nicolas repère exactement le point où nous nous situons. T’es bon, mon fils (accent style la vérité si j’mens). Nous levons la tête parmi les immenses buildings et au delà du ciel, ….la magnifique tour CN Tower. C’est sur, nous sommes à Toronto. DSC02534 DSC02532   Cette tour culmine à plus de 553 mètres, près de 230 m de plus que notre Tour Eiffel nationale. Nous nous dirigeons vers ce point de repère indiscutable mais midi approche et l’estomac de Nicolas reprend le contrôle de notre ballade, ce qui, soit dit en passant, m’arrange aussi. DSC02538 Nous mangeons en terrasse en plein milieu des buildings, j’ai l’impression d’être en dîner d’affaires à Manhattan. DSC02531 DSC02535 Nicolas n’a pas pris de frites, à mon avis, il couve quelque chose…Il est temps maintenant de partir à l’assaut de cette fameuse tour, symbole phallique de Toronto (ah bon ?). Nous avons laissé nos préservatifs verts dans la voiture mais, malgré ça, nous faisons la queue comme tout le monde. Après un bon quart d’heure d’attente, nous sommes en possession du précieux sésame pour nous emmener au septième ciel. Je filme la montée avec ces ascenseurs qui sont le long de la tour et un vertige soudain m’envahit à plus de 20 km/h. C’est impressionnant, époustouflant et, il faut bien le dire, un peu angoissant, du moins pour moi, car Nicolas, avec son flegme so british (j’ai déjà vu ça quelque part…) est à l’aise comme un poisson dans l’eau ou plutôt comme un aigle dans un ciel azuréen. DSC02540 DSC02543 DSC02546 DSC02548 Comme tous les touristes de base nous prenons des photos, il est vrai que la vue est à couper le souffle. Un tout petit aparté mathématique : nous avons fait un calcul avec Nicolas quand nous étions aux chutes du Niagara. Si chaque personne visitant les chutes fait 50 photos (minimum…) et sachant qu’il y a 16 millions de touristes qui viennent admirer ce site magnifique, cela nous fait plus de 2 millions de photos prises tous les jours voire même le double si le site est en fonctionnement la moitié de l’année ! C’est titanesque ! Nicolas me paye une glace au sommet de la tour, c’est la classe internationale, nous sommes les rois du monde à plus de 350 m d’altitude ! Nous prenons des photos sur le plancher de verre entre ciel et terre, il a été construit pour supporter un poids cinq fois plus élevé que celui exigé par la norme pour les planchers commerciaux et institutionnels. Il est effectivement assez solide pour supporter un poids de 21 835 kg, soit celui de 35 orignaux de bonne taille, même si la zone n’est pas assez grande pour y placer un tel nombre de ces animaux, en admettant la possibilité de les monter en ascenseur! DSC02551 DSC02554  Nous redescendons avec, là encore, des souvenirs plein les yeux et la tête… Nous entamons une ballade digestive dans le quartier. J’ai pris cette photo car j’avais l’impression qu’un prédicateur montrait du doigt les méfaits de la finance parce qu’au Canada aussi, les différences entre pauvres et riches ne cessent de croître et ce n’est pas les nombreux mendiants et SDF rencontrés qui me contrediront… DSC02536 Nous nous dirigeons vers le vieux Toronto où des bâtiments anciens alternent avec d’autres ultra-modernes. DSC02558 DSC02560 La ville de Toronto a été victime d’un gigantesque incendie en 1904, plus d’une centaine de bâtiments furent détruits mais aucun mort ne fut à déplorer. Plus de 5000 personnes se retrouvèrent sans travail à une époque où la ville ne comptait que 200 000 habitants. Cet événement a entraîné un durcissement de la législation en matière de sécurité incendie et un développement des services de pompiers de la ville. Nous entrons dans le Toronto Eaton Centre, le plus grand centre commercial et complexe de bureau du centre-ville de Toronto. En termes de fréquentation, le centre est l’une des attractions majeures de Toronto, avec environ un million de visiteurs chaque semaine. C’est le centre commercial le plus vaste de tout l’est canadien, et le troisième sur l’ensemble du pays. J’ai pris aussi une petite photo pour les aficionados d’Apple, ils se reconnaîtront !! DSC02566 DSC02569       Il y a une immense carotte avec un banc dessus où il est écrit « légumes cachés », ils ont de l’humour les canadiens !! DSC02567 Notre ballade se poursuit tranquillement et nous prenons le temps de nous asseoir sur un banc 5 mn avec lui pour regarder les gens tant qu’y en a…Lui parler du bon temps qu’est mort ou qui r’viendra, en serrant dans ma main ses gros doigts, pis donner à bouffer à des mouettes idiotes, leur filer des coups d’pieds pour de faux… DSC02573 DSC02574     Après une bonne bière rafraîchissante par ce soleil de plomb, nous regagnons notre parking où une envie pressante nous surprend tous les deux. Nous profitons du peu de personne présente pour nous alléger collectivement la vessie au cinquième étage de cet immense parking. Nous prenons nos affaires pour aller jusqu’à notre hôtel, maintenant que j’ai une place de parking à Toronto, je ne bouge pas la voiture. C’est en ressortant que nous voyons un magnifique panneau qui indique que l’utilisation du parking en urinoir est sanctionnée par 25$ d’amende ! Encore 50$ que les canadiens n’auront pas ! 2,5 km pour venir chercher les affaires plus 2 km pour aller à notre hôtel, nous arrivons épuisé dans notre chambre comprenant une cuisine aménagée et deux grands lits mais aussi, nous sommes sauvés (du moins notre âme), un joli livre de chevet… DSC02578 DSC02580   IMG_2214 Nous prenons le temps de nous reposer un peu puis nous allons nous chercher un endroit où manger dans ce quartier très plaisant de Toronto, soit disant leur Chinatown local… DSC02575 DSC02577 Nous passons une super soirée, la chaleur caniculaire de la journée ayant laissée la place à une température digne de l’été indien… DSC02582

Niagara Falls, la 8ème merveille du monde ?

août 20th, 2014

Dimanche 17 août, 5h.50, je suis réveillé avant mon réveil, une chance pour Bryan… Je me lève et ne la bouscule pas car ma douce n’est toujours pas là, sniff. Une toilette de chat en faisant le moins de bruit possible, ma colère est passée et ça ne servirait à rien de réveiller notre alcoolique notoire, il aurait une très mauvaise image de la France et des français.

Je programme le GPS en prenant tout mon temps (attention, il y a deux aéroports à Toronto !!), et c’est parti pour plus de 300 km de lignes droites le ventre vide et sans mon petit café. Je sors d’Ottawa sans encombre, le soleil se lève à peine. J’adore les matins d’été où nous flirtons tous les deux, le soleil et moi, sans que personne ne nous voit… Je cale le régulateur de vitesse sur 106 km/h, je mets mes deux pieds en canard et c’est la chenille qui redémarre.

Au bout d’une heure, je sens la fatigue me tomber dessus, il faut absolument que je m’arrête boire un café et manger un en-cas sinon je n’arriverai pas entier à Toronto. J’aperçois au loin (37 km) une aire d’autoroute mentionnant la Brioche Dorée, c’est comme à la maison ! Après m’être arrêté tombant de fatigue, je commande un café avec un croissant et un pain au chocolat, in english in the texte. Et bien non, ce n’est pas comme à la maison, je manque de m’étouffer avec un pain au chocolat dont la date de péremption doit dater du siècle dernier et un café expresso dont la contenance se rapproche du dé à coudre. Qu’importe, je suis sensiblement revigoré et je reprends la route en constatant que le GPS n’y met absolument pas du sien, il m’indique 3H15 de route…Arrivée prévue à 10H55, j’ai encore un peu de marge. Je m’accorde une nouvelle pause café une heure avant ma destination finale et je suis ébloui en approchant de Toronto par un soleil radieux qui se réfléchit sur d’immenses structures de verres, de béton et d’acier… Toronto, capitale de l’Ontario, avec prés de 6 millions d’habitants avec sa banlieue, est une ville économiquement très dynamique et cosmopolite dont prés du tiers de la population parle une autre langue que l’anglais à la maison !

Le GPS me conduit à bon aéroport mais j’ai oublié le terminal où devait arriver Nicolas. Toronto a un aéroport similaire à Paris, je l’avais un peu oublié…Terminal 1 ou terminal 3 ? Une chance sur deux d’être en retard et de rater l’arrivée de l’enfant prodigue. Compte tenu des aléas qui ont ponctué mon périple depuis le début de mon road-movie, je tente le terminal 1. Je gare ma voiture au parking souterrain et me hâte à grands pas vers les panneaux d’arrivée : banco, Air Canada, c’est bien le terminal 1. J’attends quelques minutes et je vois apparaître au loin la silhouette dégingandée mais sûr de lui de mon grand fiston. J’ai l’impression d’avoir laissé un enfant et de retrouver un homme. Nous nous étreignons chaudement malgré la climatisation.

Je décide de prendre mon billet pour Winnipeg tant que nous sommes là. Pour acheter un billet d’avion dans un aéroport canadien, j’ai l’impression que c’est aussi facile que d’acheter une tringle à rideaux dans une station service ! Après 20mn d’attente, je m’agace et décide que l’on verra ça…. après… A deux, nous ne mettons qu’un quart d’heure pour retrouver la voiture dans le parking souterrain en testant avec la clé et en écoutant si le son mélodieux d’un klaxon nous répond. Pas mal le klaxon en fin de compte…

Nous organisons rapidement notre séjour de 3 jours : aujourd’hui, les chutes du Niagara avec couchage sur place, demain Toronto et couchage localement pour ne pas être en retard pour l’avion. Il est midi, et à midi, l’estomac de Nicolas déclenche une alerte dont il faut mieux tenir compte pour le bien-être de tous. Nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute qui nous amène à Niagara Falls et en profitons pour réserver une chambre avec la tablette. Booking.com est quand même un site très pratique pour ce genre de chose et nous trouvons une chambre à 50$ (34€), ce qui est un prix très compétitif vu l’endroit hyper touristique où nous allons. Après avoir mangé des trucs chauds et gras mais bons et insipides, nous reprenons la route, direction notre hôtel ou plutot notre motel. Le Aston Villa Motel est, comment dire,… vétuste. Nous nous installons dans la chambre après que le patron nous ait dit qu’il nous attendait demain et non aujourd’hui, la réservation ayant été faite pour le 18 août et non le 17 !  Aie aie, nous avons quelque peu cafouillé dans la réservation, surement l’émotion de retrouver mon fils ! Notez bien dans votre mémoire ce petit incident, car vous verrez avec stupéfaction que j’ai découvert le don d’ubiquité…La suite, demain matin…

Après de rapides recherches sur Internet, je trouve l’appréciation suivante sur ce motel :

 n’importe où sauf là !

L’hôtel a un look des années 60 , la tête de lit vissée au mur avec un tapis brûlé de cigarettes et l’odeur qui est épouvantable . Tout est jaune, des cernes partout . La poignée de la douche est à coté du bain. La piscine est aussi crémeuse qu’un tube de crème solaire. Oubliez ça !!

Et bien nous avec Nicolas, nous sommes très contents d’avoir un lit chacun de prés de 2 m de large. De toutes façons, nous, ce n’est pas le motel qu’on était venu voir mais les merveilleuses chutes. Nous allons nous garer prés du centre ville. La première impression que donne cette ville est le côté kitsch et hyper touristique : tout est fait pour glorifier les chutes et faire de l’argent avec ce lieu magique. La tour, pâle reflet de la CN Tower de Toronto, me rappelle ce film culte de Tim Burton, Mars Attack où les méchants extra-terrestres font tomber une tour et un casino à Las Vegas…

DSC02511IMG_2130

Ce qui frappe quand on s’approche des chutes, c’est le panache de vapeur d’eau qui s’élève dans le ciel et nous indique, sans coup férir, où se trouve cet obscur objet du désir.

DSC02513IMG_2132

Nous nous approchons et, malgré l’affluence des touristes, nous sommes subjugués, Nicolas et moi, devant l’immensité du spectacle. Prés de 700 m de large, c’est vraiment incroyable ! Et de l’autre côté, Georges Washington nous regarde car nous sommes aux Etats-Unis !

DSC02512 DSC02514IMG_2134

Au delà de l’humidité qui nous entoure de toute part, c’est aussi le bruit qui nous envahit, un bruit continu, comme si un géant s’était endormi prés de nous et ronflait pour l’éternité.

DSC02517IMG_2156

Maintenant que nous sommes là, il est hors de question de ne pas prendre le bateau qui va nous amener jusqu’au pied des chutes où tombent prés de 3 millions de litre d’eau à la seconde !! C’est vraiment impressionnant et,avec Nicolas, nous sommes vraiment deux gosses qui allons nous promener dans un bateau qui a des jambes, parce que mon gros béta, s’il n’en avait pas, il ne marcherait pas…

Avant l’embarquement, le préservatif vert est de rigueur pour sortir couvert et éviter de revenir trop mouillé. On est quand même plus joli comme ça, non ?

DSC02519IMG_2139

Après une bonne demie heure d’attente, nous montons tout à l’avant du bateau, je ne sais pas si c’est une bonne idée, l’avenir proche nous le dira !

DSC02520 DSC02521

IMG_2153

Accompagnés par les cris et les discussions de tous les continents possibles, nous approchons des chutes… Et si le bateau avait une panne moteur, si la cascade nous écrasait, si le courant nous emportait, si ma tante en avait deux ??

DSC02522 DSC02523

Sur notre droite, des édifices dont nous ne comprenons pas l’utilité, peut être servaient-ils d’hôtels il y a quelques années ?

DSC02524 DSC02525

IMG_2151

Nous faisons toujours route vers le pied des chutes, le bruit devient assourdissant, l’air est saturée par la vapeur d’eau qui, de toutes parts, nous entoure et ne va pas tarder à nous engloutir. J’ai fait deux petites vidéos, en espérant qu’elles vous donnent envie de venir voir par vous-mêmes cette 8ème merveille du monde…

La première nous permet d’appréhender l’approche des chutes.

La deuxième, il faut vous imaginer quasiment sous les chutes, l’air est complètement saturé en vapeur d’eau et nous ruisselons tellement nous sommes trempés. D’ailleurs, l’appareil photo devient rapidement inutilisable…

C’est purement incroyable et le capitaine du bateau prend un malin plaisir à faire du sur-place sous les chutes pour que nous soyons entièrement mouillés !!

Nous repartons enfin et c’est déjà des souvenirs plein les yeux mais aussi les oreilles et la peau que nous revenons vers le rivage. Je crois que l’expérience des chutes du Niagara, c’est ça : une immersion totale de tous les sens pour des souvenirs inoubliables.

Je profite du soleil qui se couche pour faire encore quelques photos…

DSC02527IMG_2160 IMG_2161 IMG_2163 IMG_2164

Après avoir mangé tout au bord des chutes, nous rentrons rassasiés à notre motel de luxe où nous nous endormons rapidement et sereinement après une journée bien remplie et riche en émotions. Demain matin, je réserverai une chambre (du moins j’essayerai, mais c’est une surprise…) à Toronto, suite de notre périple. Mais demain est un autre jour…A très bientôt…

IMG_2166 IMG_2168

Souviens toi Barbara, il pleuvait sur Ottawa…

août 18th, 2014

7h30, samedi 16 août, déjà debout et douché. L’auberge était complète hier et les filles squattent un canapé au milieu du couloir du rez-de-jardin. Je passe doucement pour ne pas les réveiller et j’entends la voix de Caroline, comme sortie d’outre-tombe, qui me dit : attends, je viens déjeuner avec toi. Quelle faculté de récupération, quelle santé, c’est beau d’être jeune ! Elle me raconte brièvement leur nuit dans un bar punk de Montréal et m’avoue, à demi-mot que je n’ai rien raté… Lucie nous rejoint peu après et je comprends à sa tête que le Doliprane 1000 que j’ai acheté avant de partir sera le bienvenu. Je leurs dis que je suis tout content de rejoindre Nicolas demain, c’est la première fois que je suis si longtemps sans le voir. Après une dernière cigarette, et des derniers adieux, nous nous faisons des signes de la main tout le long de la rue Julien (et rappelez vous comme elle est longue…). IMG_20140816_150430IMG_20140816_150424   Juste avant de partir, Lucie me dit : au revoir tonton Fred. Trop mignonne ! Je sais bien que l’on n’a qu’une seule vie mais ménagez vous et prenez soin de vous les filles… Je fais 2 dernières photos d’une toute petite rue de Montréal avant de prendre la route pour Ottawa. IMG_20140815_164015IMG_20140815_164348 Je sors sans trop d’encombre de Montréal direction le musée canadien de l’histoire à Gatineau près d’Ottawa. Je vais directement me garer dans le parking situé sous le musée, au niveau stationnement, je ne cherche plus à comprendre. Niveau 2C, cette fois je me repère ! L’escalator m’amène directement dans le musée et là, c’est tout de suite l’éblouissement et l’émerveillement. IMG_20140816_180702IMG_20140816_182402       IMG_20140816_182409IMG_20140816_182417  Le ton est donné, je sens tout de suite que je suis dans un musée digne de ce nom.  La première exposition que je visite nous permet de découvrir les premiers peuples ayant habités les terres du nord-ouest il y a près de 10 000 ans. Les histoires de leurs origines furent sculptées sur les poteaux   qui soutenaient leurs maisons. Les masques pouvaient représenter aussi bien les mauvais esprits que les bons. IMG_20140817_034705IMG_20140816_182548     Je trouve ces masques de toute beauté, il donne envie d’en savoir plus sur ces ethnies à l’origine du peuplement du territoire nord américain. IMG_20140817_034623IMG_20140817_034756   Pendant 5 000 ans, les Tsimshians occupèrent la côte nord du pacifique au Canada. Ils ont laissé de nombreuses traces de leurs cultures.   IMG_20140817_040045 Ce que j’ai surtout ressenti en visitant ce musée, c’est l’attachement profond et indéfectible de ce peuple à la terre, à la nature et l’immense respect qu’ils avaient pour la faune et la flore environnante. Je ne tomberai pas dans les erreurs commises par nos grands penseurs du siècle dernier à considérer la société indienne comme idéale. N’oublions pas que le mythe du bon sauvage s’est constitué suite à la découverte de l’Amérique sous l’impulsion des philosophes des lumières dont JJR faisait parti (Jean-Jacques Rousseau comme dirait l’Émile). Rousseau ans Co considéraient que la nature faisait l’homme heureux et bon et que c’était la société qui le dépravait et le rendait misérable. Cette façon de voir les choses excluait, de facto, la possibilité qu’une société indienne existe. Cette exposition nous fait découvrir la complexité des différentes sociétés indiennes ainsi que la place des femmes à l’intérieure de celle-ci. Nous devrions nous en inspirer pour nous même, où l’avoir a remplacé l’être, où l’on croit exister par ce que l’on a et non plus par ce que l’on est. Je ne résiste pas à vous mettre cette citation d’un grand chef indien, excessivement d’actualité avec les dangers du réchauffement climatique. IMG_20140816_235219 Le peuple indien avait beaucoup d’humour et savait rire de lui-même lors des longues soirées d’hiver… IMG_20140819_224349 Et une petite dernière pour notre Jean-Marie national : IMG_20140816_235101 Je continue ma visite en m’extasiant sur tout ce que je découvre, et comment l’art indien est harmonieux et parle au coeur. J’arrive maintenant dans une partie où a été reconstitué un Ottawa des années 30 – 40 avec les différents commerces, les différents métiers dont l’école chère à ma Sandrine. IMG_20140816_194906IMG_20140816_195136 Et en exclusivité, une des premières machines à laver le linge… IMG_20140819_225948 Je poursuis mes découvertes par une exposition temporaire consacrait au naufrage de l’Empress of Ireland, un paquebot de luxe qui fit naufrage dans l’embouchure du St Laurent et dont le nombre des victimes fut presque aussi important que le Titanic qui lui fit naufrage deux ans avant. Cette catastrophe passa presque inaperçu aux yeux du monde car celui-ci allait rentrer dans un conflit mondial qui allait, malheureusement, faire près de 70 000 morts simplement dans l’armée canadienne… IMG_20140816_201156 À la sortie du musée, je m’arrête à la boutique de souvenirs et trouve un cadeau sympa…pour…. quelqu’un….
Je sors du musée avec des images plein la tête et sous un ciel pluvieux. Avant toute chose, direction mon auberge de jeunesse, j’aime savoir que j’aurai un lit pour dormir ce soir. J’arrive à l’auberge vers 15h30, il y a une place juste devant, avec bien sûr, un parcmètre pas loin. Incroyable, 25 cts les 5 mn, 3 $ de l’heure et l’appareil ne prend pas les pièces de 2 $, et le temps est limité à 1h30… Je vais poser mes affaires à l’auberge dans un dortoir de 12 lits et fais la connaissance d’un jeune anglais sympa qui ne parle …qu’anglais ! Bryan est son prénom, du moins je crois… Je m’aperçois que le parking est gratuit à partir de 17h30…Je vais m’acheter une part de pizza et la mange dans la voiture en attendant 16h00.
Il pleut maintenant des cordes et je prends mon super k-way pour la première fois au Canada. Me voilà parti explorer Ottawa. Avec ma capuche, j’ai l’impression de refaire le sketch de Dany Boon ! J’arrive devant le parlement où l’on me dit que la dernière visite vient de partir… Génial ! En partant, je me fais aborder par une gentille dame qui me demande, en anglais, comment était la visite. Je lui fais comprendre que c’était fermé et que je n’ai rien pu voir. Elle reconnait mon accent français, me dit qu’elle-même est russe et qu’elle a quelque chose à me donner. Elle me remet un papier vantant la parole du Christ, mais pas de miracle, il pleut toujours…
Je continue à sillonner les rues d’Ottawa malgré le froid humide qui commence à m’envahir. La pluie n’a pas arrêté de la journée… Mes premières impressions d’Ottawa, contrairement à ce qu’on m’en avait dit, sont plutôt positives : on reconnait tout de suite la grande influence de l’Angleterre victorienne et moi, j’aime bien cette influence. J’aime le style so british teinté de sérieux et de dérision, l’humour complètement décalé et absurde comme dans un poisson nommé Wanda. Certaines rues me rappellent même Camden à Londres, c’est vous dire si c’est bien… Tout rappelle l’Angleterre même et surtout l’humidité ! Je grelotte et je rentre dans un pub où une charmante bimbo canadienne m’accueille avec un sourire à se damner…et en plus, elle parle français ! Je craque littéralement et me fait….une poutine….je n’y crois pas, j’ai encore craqué alors que je n’arrête pas de dire que c’est dégueulasse ! Il fallait que je me réchauffe, il en dépendait de ma vie ! Et forcément, pour faire couler tout ça, il n’y a que la bière qui ne fait pas gonfler…les frites…
Il est à peine 19h00 mais la pluie tombe à seau (royal bien entendu). Seule solution, rentrer à l’auberge. Je m’installe confortablement dans de profonds canapés moelleux et commence la rédaction de mon blog. Je m’aperçois avec stupeur qu’il faut 4h30 pour aller demain à Toronto ! Et l’avion de Nicolas atterrit à 11h15 ! J’ai un peu merdouillé sur ce coup là, avec les arrêts, il faut que je parte maximum à 6h15 !
Je vais me coucher en mettant, là aussi pour la première fois, le réveil sur la tablette.
0h30, la douce et jolie voix avinée de Bryan réveille tout le dortoir au son de « Oh my God, oh my God ». Je me sens en train de devenir extrémiste et anticlérical. Il va bientôt regretter d’avoir brûlé cette pauvre Jeanne d’Arc… Et sa copine l’accompagne par des ricanements digne d’un dindon castré et décapité (oui, je sais c’est horrible mais il est presque 1h00 du matin !). Soudain je me retourne et, tel un grizzly dérangé en pleine hibernation, je beugle dans la chambrée le fameux mot de Cambronne. Un silence soudain mais réparateur permet à tout le monde de trouver le sommeil. Je pense que le réveil risque de sonner longtemps demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne, je partirai car vois-tu je sais qu’il m’attend mon fiston d’amour….

IMG_20140816_235016

Mise à jour du site…

août 18th, 2014

Bonjour à tous,

 

Ce soir, je suis avec mon fils. Trop bien de le retrouver ! Je prends du retard mais je continue à prendre des notes sur tout ce que je vois… Finalement, j’ai pris mon billet d’avion pour Winnipeg. Avec l’ordinateur de Nicolas, je vous promets de nouvelles photos et de nouvelles vidéos époustouflantes avec en autre, les chutes du Niagara !!!

À très bientôt mais pas avant mercredi…

Le vieux Montréal

août 16th, 2014

Vendredi 15 août

Mon colocataire s’est réveillé à 7h30 ce matin dans notre duplex (je couche dans un lit suspendu) de 3 m sur 2 au doux son de « il est 7h30, vous devez vous lever » répété ad libitum jusqu’à ce que mon voisin du Burkina Faso daigne éteindre son satané réveil. Ça sent un peu le fennec dans la chambre et une bonne douche réparatrice sera la bienvenue.
Je prends mon petit déjeuner en compagnie d’Isabelle et d’une autre française qui habite Besançon mais travaille à Dijon. Je pars ensuite en expédition punitive à la recherche d’un poste de police bien décidé…. à payer ce que je dois !
Comme d’habitude, je me perds et demande ma route à une charmante octogénaire qui, de son sourire bienveillant et attentif me pousse à la confidence. Vous comprenez la circulation à Montréal, et patati, et patata. Elle me regarde avec des yeux de merlans frits et me dit d’une voix de crécelle : « I don’t speak french ! » en me disant tout de même que je suis bien dans l’avenue Laurier indiquée par le panneau juste au dessus de sa tête ! Je finis par trouver le poste de police et paye mon amende en disant au planton de service qu’il n’est pas facile de comprendre les us et coutumes du stationnement à Montréal et lui, compatissant, de me dire : « C’est vrai ce que tu dis ! » Il y avait longtemps que je ne m’étais pas senti si bien compris…
Je reviens à l’auberge en faisant un détour par l’épicerie-boucherie Suarès avec la ferme intention de me cuisiner des spaghettis bolognaises maison. J’ai, pour une fois, l’impression de me retrouver dans une vraie épicerie avec des fruits, des légumes et même de l’excellente viande de boeuf. Je rentre à l’auberge en demandant à Jean comment fonctionne le téléphone au Canada car j’ai acheté une carte téléphonique pour réserver ma nuit dans une auberge à Ottawa dont les coordonnées m’ont été données par l’instit de Marseille. Super Jean me dit d’appeler avec son portable et je tombe sur une interlocutrice anglaise qui ne parle pas un mot de français… Tant bien que mal, j’arrive à dire que je veux un lit pour une nuit dans un dortoir mais la suite devient beaucoup plus périlleuse et je demande à super Jean s’il peut prendre le relais. Il se saisit du portable et, tel un relayeur, prend la suite de la conversation pour donner les références de ma carte bancaire. Après avoir répété 3 fois mon nom, il passe le témoin à Cameron, un australien qui travaille avec lui et qui, visiblement, rencontre lui aussi des problèmes. Visiblement, Bourdeix pose question, appelez moi Bourde comme aurait pu dire Jacqueline Maillant dans papy fait de la résistance !
Je me fais la réflexion que je ne suis pas encore du côté anglophone de la force que déjà des soucis de compréhension se font jour. Quoi qu’il en soit ma chambre est réservée et ça, c’est le principal. Pour remercier Jean, je lui fais goûter mes fromages et mes spaghettis bolognaises qu’il trouve excellents.
Je redescend dans mes appartements, ouvre un peu la fenêtre de la chambre qui se trouve en rez-de-jardin et entend des voix que je reconnais immédiatement : Lucie et Caroline, le retour !! Elles me sautent au cou et nous nous racontons nos parcours respectifs. Elles sont restées plus longtemps à Tadoussac et ont vu les baleines beaucoup mieux que moi, les veinardes ! On se donne rendez-vous pour l’apéro ce soir car, maintenant, elles ont un rancard avec une canadienne rencontrée à Tadoussac et qui n’est pas ma tante (il fallait que je la fasse !). Quant à moi, je veux absolument aller visiter le château Ramezay, l’ancienne résidence du gouverneur de Montréal et retourner vers la place Jacques Cartier et le vieux port car j’ai beaucoup apprécié le vieux Montréal.

La visite de la résidence explique la création du Québec et les différents conflits qui l’ont traversé. Cette résidence a été construite en 1705 et a failli être détruite en octobre 1893 suite à la faillite de son nouveau propriétaire.

IMG_20140817_010733

Je vous ferai grâce de tous les détails historico-historiques mais j’ai pris quelques photos dont certaines sont dédiées à Sandrine.

IMG_20140817_011027IMG_20140815_224440

L’image de gauche est une bouillotte de voiture, originale non ?

Et celle là, vous aviez déjà vu ?

IMG_20140815_230709IMG_20140817_011727

Il y a aussi une exposition sur l’évolution du système judiciaire canadien et où sont expliquées les différences entre les systèmes français et anglais. Chez nous, on est présumé coupable et il nous appartient de prouver notre innocence, dans le système anglo-saxon, c’est le contraire.

J’ai trouvé une offre d’emploi, si intéressé, faire offre au Texas voisin…

IMG_20140817_012706

Je m’arrête boire un Perrier grenadine car j’adore le Perrier menthe mais ça n’existe pas !

IMG_20140815_232215

En repartant, je tombe nez à nez avec les Beatles, d’accord il en manque un mais ce n’est pas John Lennon qui est manquant !

Quelle ambiance

Je reviens tranquillement à l’auberge en prenant soin de ne pas perdre mon temps en allant prendre le métro !

IMG_20140817_014210

En arrivant, quelle ne fut pas ma surprise de retrouver Hélène, la pianiste de mes premières soirées canadiennes. Nous discutons 5 mn mais elle est de sortie à Montréal. Tchao, tchao Hélène !

Je retrouve les deux soeurs qui arrivent déjà d’un apéro huitres vin blanc et nous commençons notre apéro fromages. Caroline va chercher une bière que nous partageons aussi avec Carlos le mozambicain qui est à l’auberge déjà depuis un mois. Il fait part de ses lectures à Lucie (pieds nus sur la terre sacrée de T. C. McLuhan)  pendant que nous racontons des âneries avec Caroline… Les filles m’invitent à sortir avec elles, allez Fred, on ne rentrera pas tard, c’est notre dernière soirée, tu verras ce sera bien… Et bien non, j’ai résisté à l’insu de mon plein gré et je leurs promets, quand elles partent, de venir leurs dire au revoir demain matin. Bonne soirée les filles !

 

P.S. : il n’était que 4 heures du mat quand elles sont revenues… Il aurait pu être plus tard !

 

 

 

 

Montréal, le retour…

août 15th, 2014

J’ai passé une nuit agitée et trop courte, je n’aurais jamais dû prendre un café expresso avant d’aller me coucher. D’ailleurs, à propos de café, si vous commandez simplement un café, vous aurez, dans les bars, du café à la cafetière électrique avec un filtre comme à la maison. Pensez à commander un expresso et là, vous aurez un café digne de ce nom.

Je reprends la route, direction Montréal. Le ciel est menaçant, de gros nuages blancs flirtent avec des plus noirs sans aucun souci d’apartheid, comme si un Mandela géant les avait tracé au fusain. La température est de 54°F, vous vous rappellez le calcul ? Et bien on va faire autrement, qu’est ce qu’on rigole ! 90 – 54 = 36 Il suffit ensuite de diviser 36 par 9 et de le multiplier par 5 et de soustraire ce nombre à la température trouvée la dernière fois ! Avec le blog de Fred, on fait même des devoirs de vacances… En tout cas, ça caille !
Je vous avais dis dans un de mes billets que je n’avais jamais vu de policiers sur le bord de la route. Et bien ça y est, j’en ai vu un !.. Quelques éléments de contexte : le québécois était à l’origine un braconnier. Pour se nourrir, il n’hésitait pas à poser des pièges dans les hautes forêts du parc des Laurentides. Il savait parfaitement se camoufler, devenir invisible à ses futures proies. Cet héritage est encore bien présent dans le cerveau reptilien de nos agents des routes du Québec. Car une question restait en suspend : comment, avec une voiture, style Starsky et Hutch,  avec des gyrophares partout, était-il possible de passer inaperçu sur des routes droites et dégagées.
voiture de police
Je vous sens impatient de connaitre la suite… Imaginez une autoroute à 3 voies avec un terre-plein central large comme un terrain de basket laissé en friche. Et bien, figurez vous qu’au milieu des herbes folles, garée de guingois, se tenait près à bondir, tel un carcajou, une voiture blanche de la police de la route. L’hérédité, j’vous dis, ça nous suit, ça nous oblige à des comportements comme nos ancêtres…
Je tiens à verser une larme pour l’industrie automobile française : je n’ai toujours pas vu de voitures françaises au Canada, quasiment toutes les marques européennes, japonaises, chinoises, coréennes mais pas de made in France, sniff.
Toujours sur la route, quand une route secondaire rejoint une route principale, il y a souvent des panneaux qui n’indiquent que la direction des points cardinaux, direction nord, direction sud, et c’est tout ! Pour un étranger, c’est parfois insuffisant comme indications !!
J’arrive à Montréal sans encombre et le GPS m’amène juste devant l’ancien lieu où les jeux olympiques d’été de 1976 ont été organisés avec la très belle victoire de notre Guy Drut national. C’est un lieu qu’il faut vraiment visiter à Montréal, particulièrement si on a des enfants, il est possible d’y passer la journée entière sans s’ennuyer une seconde. Pour un adulte, sans carte vermeil, avec l’entrée du parking, il faut compter plus de 70$ pour faire toutes les activités et visites proposées.
Je crois que j’ai certaines explications ethnologiques à la « coolitude » canadienne. Après ma visite du stade olympique et de ses expositions, je peux vous exposer ma théorie en photos.
Tout d’abord, une des expositions les plus fréquentées est celle où une tortue terrestre se déplace autour de son terrarium, lentement, très, très lentement, tellement lentement qu’il y a des coussins tout autour pour la regarder. C’est un signe, non ?
DSC02476
Mais ce n’est pas tout : il y a aussi cet objet hétéroclite que j’ai trouvé à l’entrée de la biosphère. Des milliers de mots mis bout à bout comme des guirlandes multicolores et qui invitent le passant à l’urgence de ne pas se presser, à l’importance de prêter attention aux autres et à soi-même.
DSC02475DSC02474
Et puis surtout, the final touch (la touche finale), ce paresseux tellement cool qu’il en est mort sur sa branche sans même s’en apercevoir !
DSC02458
Bon, trêve de plaisanteries, il me faut maintenant me lancer à l’assaut de l’ascension de la tour penchée de Montréal, beaucoup plus inclinée que la tour de Pise (45° contre 5°, y’a pas photo).
Je me fais une petite pause au sommet de l’observatoire, la tour de Montréal, plus haute tour inclinée du monde avec ses 175 m.
DSC02477
Je me suis installé à l’étage intermédiaire où un fauteuil confortable m’accueille face au port de cette grande métropole. La vue est magnifique et contribue à l’attirance qu’a cette ville sur moi.
DSC02483 DSC02485 DSC02487 DSC02481
Je redescends pour aller terminer ma visite dans la biosphère où sont reconstitués les 4 climats principaux de notre terre. C’est l’occasion pour moi de voir d’énormes esturgeons ainsi que des manchots qui ont l’air très curieux des appareils photos.
DSC02467 DSC02468
Saviez vous que le manchot est capable de plonger à près de 300 m de profondeur pour aller chercher sa nourriture ? Pas manchot le manchot !
J’ai pris, à titre imdicatif, en photo, une vertèbre de baleine, impressionnant non !!
DSC02456
Tout doucement, lentement, je me hâte vers les parkings pour récupérer ma voiture. Ma voiture… Je cherche sur cet immense parking enterré en étant incapable de me rappeler où je l’ai posée. Je me souviens juste que ce n’était pas très loin des bus… Le boulet, dirait Sandrine (la mienne, pas celle d’Orlando !) ! Les bus !! Mais bien sûr ! Je suis dans un parking qui a une hauteur de plafond de 1,90m, il faudrait des bus de nains pour pouvoir passer là. Je ne suis donc pas dans le bon parking ! Je suis obligé de sortir à pied du parking pour pouvoir reprendre l’autre entrée et récupérer enfin ma voiture. Direction l’auberge de Jean. Après des tours et des contours dus aux travaux incessants dans la ville de Montréal, j’arrive à bon port et arrive à me garer juste devant en prenant bien soin de me garer du bon côté de la route. Je vais réserver ma chambre, paye mes deux nuits et redescends chercher mes affaires pour m’installer. J’ai un magnifique parchemin coincé sous mon essuie glace. Je n’y crois pas, la fameuse amende de 53$ !
IMG_20140815_161829
Mais j’étais pourtant bien garé ! Une des personnes de l’auberge m’indique que par rapport au panneau, j’aurais du m’avancer de 2 m supplémentaires pour ne pas être amendable ! Je hais les stationnements dans les villes canadiennes. J’irai demain payer mon écot, de toute façon, je n’ai pas le choix…
J’arrive à mettre en ligne ma vidéo de baleine et cette vidéo attire une personne qui était en train de bouquiner. Nous discutons de ce que nous avons fait comme étapes au Canada. Isabelle, de son prénom, me déconseille aussi de faire une étape trop longue à Ottawa. Nous décidons de faire du troc : fromages contre beefsteak et nous improvisons un repas avec les quelques pâtes que j’ai ramenées de Mont Tremblant. Après ce festin, je vais à l’étage du fumoir où un groupe de jeunes angevins ainsi qu’une instit marseillaise m’invitent à boire un morito en écoutant des musiques électroniques qui me laissent légèrement circonspects… Je pense qu’une dizaine de moritos permettrait d’apprécier à sa juste valeur cette musique quelque peu répétitive mais avant d’en faire l’expérience, je préfère rejoindre les bras de morphée, fatigué par ma nuit dernière agitée.
Il n’y a plus, une nouvelle fois d’Internet à l’auberge, les mises à jour de mon blog sont de nouveaux compromises… À bientôt sûrement…

Farniente au Mont Tremblant

août 13th, 2014

Journée de repos qui fait du bien après une semaine passée très bien remplie. Le Mont Tremblant est l’endroit idéal pour tout sportif qui se respecte : via ferrata, canoë, marche, vélo et j’en oublie sûrement… quand on a l’équipement supportant une journée entière sous la pluie ! Ce qui n’était évidemment pas mon cas. La position allongée a été idéale pour écrire sur mon blog et prendre un peu d’avance. Quand vous voyez la photo, vous comprenez pourquoi je suis resté allongé toute la journée !

aj1

J’ai déjeuné ce matin avec un canadien venant d’Ottawa, Phillippe (avec 2 l et 2 p m’a-t-il dit), analyste financier de son métier. Je lui ai expliqué le parcours que j’avais fait et que j’allais faire et il m’a dit en rigolant que je connaissais mieux le Canada que lui-même ! Il partait, peu après le déjeuner, faire 60 km en vélo, courageux le gars ! Phillippe, si tu lis ce message, bien le bonjour par chez toi.

carte

Cette journée m’a aussi permis d’organiser la suite de mon périple. Jeudi et vendredi, couchage à l’auberge chez Jean à Montréal, l’endroit était trop sympa et il y a plein de lieux que je n’ai pas encore visités là bas. Samedi soir, couchage à Ottawa, je ne sais pas encore où mais j’ai maintenant adopté une nouvelle philosophie de la vie : on verra bien ! Et dimanche, je retrouve mon grand fiston (il me manque le bougre !) à Toronto pour un périple tous les deux en direction des chutes du Niagara pendant 2 jours jusqu’au mardi en fin d’après-midi où je devrai rendre la voiture. Je pense ensuite prendre l’avion pour Winnipeg mais là encore, on verra bien !

Durant cette journée calme, j’ai pu penser à toutes celles et tous ceux qui m’ont mis des petits commentaires sur mon blog ou qui m’ont envoyé des mails sympathiques. Qu’il en soit toutes et tous remerciés.

IMG_20140814_054235

Ce blog est aussi une béquille pour moi, lors de moments de solitude (car il y en forcément quand on voyage seul !), il me rattache aux gens que j’apprécie et que j’aime. C’est pourquoi, je vais continuer les deux semaines qui me restent à compléter mes carnets de voyage. À très bientôt pour de nouvelles aventures.

La Tuque – Mont Tremblant : la forêt canadienne dans toute sa démesure.

août 13th, 2014

images (1)

Je me réveille à 8h, cela fait bien longtemps que je ne me suis pas réveillé si tard. Un beau soleil entre dans ma chambre, la journée va être chaude. Je vais déjeuner et fais la connaissance de deux francaises, une mère et sa fille. Elles m’expliquent qu’elles habitent en Allemagne mais la mère travaille à Strasbourg, elle est formatrice de professeurs. Son accent chantant contredit ses origines germaniques. En fait, elle a fait ses études à Bordeaux (comme moi…) et a été prof d’allemand à… Bergerac (lieu de naissance de ma mère !) et aussi à Ste Foy la Grande (à 12km de là où habite ma mère !). Quand je vousrentreque le monde est un village ! Elle a été prof aussi à St Sulpice et Cameyrac, pas très loin d’où enseignait mon oncle ; je lui demande si elle eut connu Francis Bertrand, car qui ne connait pas Francis Bertrand en Gironde ! Et bien non, elle ne le connait pas, l’image de ma famille en est largement écornée !

Nous dissertons sur l’insuffisance de formations des enseignants et sur le peu d’investissement de certains fonctionnaires de l’éducation nationale. Je leurs dit qu’on ne peut pas généraliser et que ma chérie, par exemple, s’investit beaucoup dans son travail sans avoir forcément la reconnaissance qui lui est dûe Nous nous souhaitons bonne route et repartons chacun vers nos différents horizons.

C’est aujourd’hui l’étape la plus longue de mon périple, plus de 300 km…

Avant de partir, je décide d’aller me recueillir et de rendre hommage à Félix Leclerc, le chantre de la francophonie. Cet enfant du pays a passé toute son enfance ici et en a puisé énormément d’inspiration pour ses chansons. En lisant l’histoire de sa vie, il me revient à la mémoire un disque qu’avait mon père : l’enregistrement en public du fameux concert d’août 1974 où Robert Charlebois, Gilles Vigneault et Félix Leclerc sur la plaine d’Abraham à Québec devant plus de 120 000 personnes (3 d’après la police…) reprennent en chœur la magnifique chanson « quand les hommes vivront d’amour »… J’en ai des frissons et les larmes aux yeux rien que d’y penser…

Juste à côté de cette exposition, il y a un bestiaire qui présente les principaux animaux empaillés de la faune locale. Je suis accueilli par un orignal énorme et majestueux. Imaginez les bois gracieux d’un cerf, la taille d’un grand cheval et le poids d’un gros taureau ! Celui que j’ai devant moi pèse plus d’une tonne (plus de 1 000 kg de plumes mais ça vous le saviez déjà !).

 

orignal

J’imagine une collision avec cet animal sur la route, je pense que mon road-movie serait légèrement compromis. Sur la route, il y a plein de panneaux qui indiquent des passages d’orignaux.

images

La vigilance s’impose. Il y a aussi une bête que je ne connaissais pas : un carcajou. C’est le nom donné par les québécois mais on le trouve aussi sous le nom de glouton ou de Wolverine (comme dans la série X-Men). Paraîtrait que c’est la bête la plus féroce sur la surface terrestre, qu’il ne refuse jamais aucun combat même contre un ours dix fois plus gros que lui. Je ne vais peut-être plus m’aventurer seul dans les forêts québécoises ! Pas d’inquiétude, seules quelques personnes très rares ont réussi à observer un carcajou en liberté. Il fuit l’homme comme la peste et il a peut être bien raison !

270px-Wolverine_(Gulo_gulo),_Korkeasaari

Mon fervent destrier m’attend pour reprendre les chemins de traverse. Je commence par longer le lac St Jean. Les paysages sont vraiment magnifiques, l’eau et la forêt se mélangent, des montagnes abruptes cachent l’horizon de leur masse sombre. Je cale mes deux pieds confortablement, mets le régulateur de vitesse et trouve une radio qui diffuse des tubes des années 70. Remember… Je monte le son et mets à fond Good Bye Stranger de Supertramp qui s’enchaine avec Hold the Line de Toto ! Je suis en plein retour vers le passé… Les Doobie Brothers et leur tube Long Train Running, trop bon, je suis le maitre de la route, je suis Captain America dans Easy Rider et en plus Peter Frampton se met de la partie et fait parler sa guitare dans Do you feel like we do…Que du bonheur ! D’énormes Harley Davidson me doublent dans un vrombissement assourdissant, c’est sûr, je suis bien sur la route 66 ! Soudain, dans mon rétroviseur, un énorme camion est juste derrière moi. Quelles sont ses intentions ? S’agit-il de Peterbilt du film Duel de Spielberg ? J’imagine la même situation en pleine nuit, cette masse gigantesque qui me poursuit, ses phares qui me transpercent telles des bêtes foreuses de la nuit comme disait mon Ex ( c’est de Charles Exbrayat dont je parle, on était très intime). Dés qu’une voie de dépassement le permet, le mastodonte lancé à pleine vitesse me dépasse lentement, me laissant le temps d’admirer la rutilance de ses chromes…

Je me dis que je passe beaucoup de temps en déplacement mais dans ce pays si gigantesque, ai-je vraiment le choix ? Je pense que si je me déplaçais en bus, ce serait pire. Le Canada est près de 15 fois plus grand que la France mais quasiment 2 fois moins peuplé. Pour exemple, la région de Québec compte 8 millions d’habitants et les deux grandes villes, Montréal et Québec, 4 millions à elles deux.

Les boîtes aux lettres signalent des signes de vie le long de ces routes qui n’en finissent pas. Les maisons sont, soit disposées tout au bord de la route, soit enfouies tout au fond de la forêt, c’est étonnant comme disposition et ce sont les fameuses boîtes aux lettres qui permettent d’identifier qu’ici sied un autochtone.

Je prends enfin l’autoroute … Félix Leclerc, ma moyenne de conduite va pouvoir exploser, je vais passer de 90 km/h à…. 100 km/h. Et oui amis français, la limitation ici sur autoroute est de 100 km/h ! Et tout le monde s’en contente même si une tolérance de 10 km/h au dessus semble être de mise auprès de la maréchaussée locale.

La faim me rappelle à son bon souvenir et j’aperçois au loin un panneau m’indiquant une aire d’autoroute. Quand je suis prêt à aborder cette aire, je m’aperçois que la sortie est à… gauche ! Mon sang ne fait qu’un tour et, ne voulant pas rentrer en conflit avec mon estomac, je coupe l’autoroute trois voies de droite à gauche en slalomant entre les poids lourds et les gros 4X4 et prends, in extremis, la sortie vers mon hamburger. J’avoue ne pas bien comprendre la logique d’un tel système…

Je rentre dans le fast-food et je vois plein de gens qui attendent mais à 2 mètres de la caisse. Où dois-je faire la queue ? Et pourquoi les gens sont-ils si loin ? Ne voulant pas passer encore pour un « maudit » français, je vois qu’il y a une personne derrière moi qui cherche aussi à comprendre. Bon prince, je la laisse passer devant moi pour observer son comportement. En fait, il faut aller vers la caisse pour passer commande et nous sommes appelés par un numéro pour aller chercher notre manger, d’où la file d’attente… Je repars rassasié vers ma dernière étape de la journée, Mont Tremblant. Le temps est en train de changer, le vent s’est levé, je sens que la pluie ne va pas tarder. Je rentre évidemment sur l’autoroute par la voie de gauche ! Mais comment font les camions pour accélérer suffisamment et se fondre sans problème dans la circulation ? C’est pour moi un grand mystère…

Depuis le début de mon périple, je n’ai pas vu un radar ni un policier et pourtant les gens respectent les limitations de vitesse. Qu’est-ce qui fait que le peuple français râle à toutes réglementations et se force à ne pas les respecter ? Réfléchissons à cela mes chers frères et soeurs !

La ville de Mont Tremblant approche et avec elle son cortège de téléphériques et de tire-fesses. C’est une ville qui fait partie de la région des Laurentides, elle est jumelée avec Châtel, ville de Haute-Savoie dont le maire est Nicolas Rubin ( et, oh, Fred, on s’en tape de tes remarques à la noix de chez wikipédia !). Cette ville a été choisie pour accueillir de 2012 à 2017 les sélections pour les qualifications pour toute l’Amérique du nord de la compétition Ironman : 3,8 km à la nage, 180,2 km en vélo et un petit marathon pour finir de 42,195 km à pied et tout ça dans la même journée ! Des fous j’vous dis ! Et la course a lieu dimanche prochain, il faut vite que je parte !

J’arrive à l’auberge où, pour la première fois depuis que je suis au Canada, on me demande mon passeport pour m’inscrire. Il fait un temps de chien dehors et il tombe des cordes, temps prévu au moins pour 2 jours…Super, je vais avoir le temps de mettre à jour mon blog ! Exceptionnellement, je vais faire des courses au dépanneur du coin pour pouvoir me faire à manger. Après mangé, je m’offre une petite bière au bar de l’auberge et je vais fumer une cigarette autour d’un feu de camp sous des parasols pour se protéger de la pluie qui ne cesse de tomber. Je suis habillé avec un tee-shirt moulant rouge décathlon, un short rouge décathlon et des chaussures rouges …. décathlon et c’est sûrement pour ça qu’une femme à côté de moi me demande si je suis là pour Ironman !! MDR !! Ou alors ce serait l’homme de fer dans sa chaise roulante !

Pas vraiment d’ambiance dans cette auberge, peuplée de plein de sportifs, le bar n’en finit pas de ne pas s’emplir… Je vais me coucher relativement tôt et m’endors sous une température pour une fois clémente.

 Note de l’auteur : j’ai retrouvé au fin fond de mon cerveau, sans l’aide de Google, la conversion des Fahrenheit en Celsius : on soustrait 32, on divise par 9 et on multiplie par 5… Soit 90°F comme dans la ferme à fromages :

90 – 32= 58

58 : 9= 6,44

6,44 X 5= 32,2°C il fait chaud au Canada, et tout ça à l’ombre !

Chicoutimi – La Tuque : Mauricie par ci, Mauricie par là

août 12th, 2014

Aujourd’hui, destination La Tuque, 6ème ville du Canada avec ses 0,45 habitants au km2. Vous aviez compris que ce classement dépendait de sa superficie et non du nombre de ses habitants…

Petit déjeuner avec des fèves au lard (délicieux…), en compagnie de la famille bretonne où j’ai enfin l’explication pour la boite automatique et mes déboires à l’aéroport de Montréal. Il suffit de décaler le levier de vitesse d’un centimètre vers la gauche pour être en commande manuelle et, de fait, avoir une action sur le passage des vitesses, action que je n’ai pas su faire à mon arrivée mais que je maîtrise maintenant à la perfection. L’aubergiste me dit que sur ma route, au bord du lac St Jean, il y a une des meilleures fromageries du Canada. Les soi-disant 300 fromages n’ont qu’a bien se tenir, je vais m’arrêter à Hébertville, foi de français et d’amateur de fromage. Il paraitrait que ce sont d’anciens hollandais, la concurrence est rude !

Nous nous disons au revoir avec la super famille bretonne. Je crois que ce n’est plus la peine de se dire adieu, n’oubliez pas que la terre est ronde, qu’on ne peut donc pas se cacher dans un coin et que l’on a toutes les chances de se revoir.

Je m’arrête faire le plein car même ma voiture consomme et reste bloqué près d’une demi-heure car la connexion téléphonique est pour le moins aléatoire et fait planter le terminal de paiement.

Après une heure de route, j’arrive à Hébertville où je demande ma route à une charmante jeune fille qui me dit à peu près ces mots là : une frômâgerie ? Ben, j’connais pas mais d’mande là baas, y’doivent savoir. Sinon, tu veux du bleuet ?

Je la remercie et souris niaisement, je n’ai pas compris ce qu’elle m’a dit ! Si quelqu’un, ami lecteur pouvait m’aider, n’hésitez surtout pas.

Je me dirige vers l’endroit indiqué : voilà une excellente idée pour réinsérer nos curés de campagne, car qui mieux qu’eux connaissent l’histoire et la géographie de leur paroisse ?

 

IMG_20140811_195116

J’ai enfin les bonnes indications (sans bleuet ??) et je m’enfonce dans la campagne canadienne… dont les paysages ne sont pas très différents de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent. Je tombe un peu par hasard sur la ferme Lehmann dont le panneau m’indique clairement qu’elle est fermée car aujourd’hui, nous sommes lundi !

IMG_20140811_165516

Tout ça pour ça ! Tant pis, ils ne connaissent pas Fred. Je rentre ma voiture dans la cour de la ferme dans un nuage de poussière. La chaleur est écrasante, 90°F (à vos calculatrices), une odeur caractéristique de fientes de….vaches assaille mes narines, des mouches sympathiques et multiples se repaissent de ma chair tendre et délicate. Et tout à coup, encore une fois, ressurgissent mes souvenirs de vacances chez mes grands parents où l’insouciance de la jeunesse nous donnait l’impression d’être immortelle.

Je m’approche de la maison, personne ne se manifeste, une cloche tinte bercée par le vent, j’entends au loin un joueur d’harmonica et un train qui siffle 3 fois…n’importe quoi, j’ai du abuser des bleuets ! Une femme d’une soixantaine d’année avec un sourire engageant m’accueille. Je lui fait mon sourire le plus hâbleur et lui dit, sans aucune honte, que je viens spécialement de France pour la voir ! Yes ! Elle ouvre sa petite échoppe et me fait goûter 3 délicieux fromages, un cousin du conté, un autre, cousin du morbier et le dernier proche du reblochon. Je m’en mets plein les papilles et repars avec plus d’un kilo de fromages à caser dans une voiture qui ressemble plus à un insert qu’à un congélateur… Quand je lui demande de quelle ville hollandaise elle est originaire, elle me regarde avec de grands yeux interloqués : je ne suis pas hollandaise, je viens du Jura Suisse ! Merci Monsieur l’aubergiste, comme quoi, avant de colporter des rumeurs, toujours aller voir à la source !

Cette ferme compte 35 vaches et toute la production est vendue localement car elle a une excellente réputation. La listeria est la hantise du gouvernement canadien et les fermiers sont beaucoup plus suivis et contrôlés que certains grands trusts de l’agro-alimentaire.

Je retrouve la fournaise de mon séchoir à linge : trop classe les affaires qui sèchent dans un intérieur cuir !

IMG_20140811_152414

Je reprends la route en me disant qu’avec des bons fromages, il faut une bonne boisson d’accompagnement. Il se trouve qu’à St Gédéon, il y a une micro brasserie comme il en existe plus d’une centaine au Québec et qui produisent plus de 3 000 bières différentes. Je ne prends que 6 bouteilles, le poids à la douane étant réglementé, la question étant de savoir si elles atteindront la douane !

Il fait vraiment très chaud sur la route et il me reste encore 2 h à conduire. Soudain, je quitte la route principale et roule près d’un lac où je m’arrête pour me sustenter et faire trempette. Je ressors, me mets sur ma serviette et en profite pour écrire sur ma journée d’hier. Je m’aperçois que je passe au moins 2 h par jour à écrire mon carnet de bord, c’est un métier moi j’dis !
IMG_20140811_194858
Je finis par m’assoupir quelques instants, rien de mieux pour reprendre la route. Un petit aparté pour vous parler du système de fermeture des voitures canadiennes : quand tu t’arrêtes et que tu enlèves la clé de contact, il faut appuyer sur le bouton ouverture pour que toutes les autres portes s’ouvrent, sinon seule la porte du conducteur est ouverte. Un petit peu pénible comme système. Et à la fermeture, une autre originalité : tu appuies une fois sur fermeture, ça ferme la voiture, heureusement d’ailleurs ! Mais si tu appuies une deuxième fois, ça ferme la voiture et ça produit un coup de klaxon bref. Combien de fois je me retourne dans la rue pour savoir qui me klaxonne !!
J’arrive à la Tuque sans me payer de sa tête (OK, je sais, elle est moyenne !). L’auberge a l’air un peu décati vu de l’extérieur mais l’aubergiste prénommée Rose redore immédiatement la réputation du lieu. Elle me montre ma chambre en me disant que pour 5$ de plus, il y a une autre chambre beaucoup mieux. Après ce que j’ai vécu à Tadoussac, j’ai l’impression d’être dans une chambre au Ritz ! Imaginez un peu : une chambre individuelle avec un lit individuel, un lavabo individuel et même un frigo individuel, c’est le fromage qui va être content…Je dis à Rose que la chambre est parfaite et je prends possession des lieux en étalant mes affaires un peu partout dans la chambre. Il fait au moins 30°C dans la pièce malgré un ventilateur au plafond et un ventilateur sur pied, je m’en vais prendre une douche rapidement avant de fondre. Je discute un peu, dans la cuisine, avec des ouvriers d’une usine d’électricité. Il m’explique qu’ils travaillent beaucoup la semaine (plus de 40h) mais sur 6 mois de l’année car l’hiver, c’est impossible. 5 000$ de l’heure d’immobilisation est ce que coûte une panne à l’usine d’électricité, ils ont quand même le stress que tout fonctionne…
Je m’en vais manger une salade grecque dans un resto de la Tuque et, arrivé au dessert, j’ai envie d’une petite douceur sucrée. Je demande à la serveuse s’il y a des glaces. Elle me dit que bien sûr que oui et me demande si je veux une deyvdykgttddh caramel ou chocolat ? Je dis ce qu’il ne fallait surtout pas dire : comment ? Et elle me redis deyvdykgttddh caramel ou chocolat ? Je la regarde béatement et lui dis : Oui ! Et elle de me répondre : caramel ou chocolat ? Au final, j’ai mangé une boule vanille avec de la chantilly et du coulis au chocolat.
Je rentre me coucher car je suis vraiment fatigué de toute cette route et, malgré la chaleur, je m’endors rapidement, heureux d’être seul dans ma chambre et de pouvoir profiter du calme de l’auberge.
I have a dream… Sandrine et Orlando me tiennent compagnie. Ils sont tous les deux musiciens, elle au violon, lui au saxophone. Ils jouent spécialement pour moi, Sandrine digne d’Anne-Sophie Mutter dans le concerto en mi mineur de Mendelssohn, Orlando complètement inspiré prend des poses tel un oiseau à la Charlie Parker. Les sons ainsi mélangés sont magnifiques. Soudain Orlando vient vers moi toujours transcendé par la musique et approche son saxophone de mon oreille. Bizarrement son visage se déforme, Stefen King sort de ce corps ! Le son enfle et devient assourdissant, mais qu’est qui nous arrive ? Je me réveille en sursaut : P…..de B……de M….. je couche juste à côté de la voie ferrée et je n’avais rien vu et surtout rien entendu ! Et les trains canadiens, sûrement frustrés quand ils étaient miniatures, klaxonnent tous les 100 m au cas où on ne les aurait pas entendus arriver !! C’est une corne de brume style Titanic (je m’en souviens) qui envahit la nuit jusque tard dans la soirée. Je finis par m’endormir en rêvant de bête humaine et d’attentats-suicides dans le Paris – La Roche Migennes…

 

 

Le plus beau point de vue du Canada ?

août 10th, 2014

Sandrine (la mienne, je vous dis de suivre…) avait raison, ce sont des paysages extraordinaires qui me surprennent à 6h30 quand je mets un œil dehors. Les baleines m’attendent à l’embarcadère pour 7h30. J’aide la seule personne debout à préparer le café et je prends un petit déjeuner consistant, je sais que sur l’eau, dans un zodiac, il vaut mieux avoir le ventre plutôt plein que vide. Je m’habille chaudement car, même si l’équipement est fourni (veste et pantalon de quart), nous sommes tôt le matin et la température de l’eau au large est d’environ 4 °C. Nous embarquons et le capitaine nous donne quelques consignes de sécurité : si vous êtes enceinte, que vous avez moins de 6 ans et que vous souffrez du dos, vous ne pouvez participer à la croisière. DSC02440 DSC02442DSC02444 Nous partons rapidement au large où nous ne tardons pas à croiser une compagnie de phoques en train de prendre, visiblement, un copieux petit déjeuner. Chacun regarde sur un horizon de 360 ° à la recherche d’une baleine. Soudain, le capitaine accélère et nous rapproche d’une baleine à bosse qui ondule sereinement entre deux eaux sans se soucier le moins du monde des plus de  vingt paparazzi qui l’assaillent. Cette baleine fait à peu près 12 m et pèse environ 20 tonnes, dixit le capitaine, l’équivalent de près de 20 000 kg de plumes ou 10 000 poulets fermiers (sans plume). On comprend mieux pourquoi les inuits la chassaient, elle devait permettre de nourrir tout un village…

L’horizon, petit à petit, se dégage. Une brume tenace persiste au loin et mélange la mer et le ciel dans des pastels bleutés. Je suis déçu ; dans mes rêves de grandeurs, j’imaginais des dizaines de baleines surgissant du néant et telle Moby Dick, sautaient par dessus nos frêles esquifs. Alors que là, il y a plus de zodiacs que de cétacés.
Soudain, à 3 – 4 m derrière le zodiac, juste derrière ma place, apparaît une autre baleine à bosse gigantesque. Je la regarde passer fasciné et mon âme d’enfant, tout à coup, ressurgit. J’ai envie d’avancer la main, de la toucher, je ris et j’applaudirai presque tellement c’est beau…
Ma baleine….
Le temps peut maintenant s’arrêter, j’ai enfin apprivoisé ma baleine ! Et comme si ça ne suffisait pas, le capitaine nous indique, au loin, une baleine bleue majestueuse. Il est très rare d’en apercevoir, aujourd’hui est mon jour de chance. Il nous faut maintenant repartir, je pense qu’il est préférable, pour 10$ de plus, de prendre le forfait 3 h au lieu de 2 h comme celui que j’ai pris. Les mains gelées mais le cœur chaud nous rentrons rapidement au ponton. Je donne ma carte de visite à un canadien avec qui j’ai sympathisé pour qu’il m’envoie quelques photos qu’il a fait avec son super appareil photo : j’espère qu’il tiendra parole…
J’arrive à l’auberge encore tout retourné et je profite de la cuisine et de la pâte déjà prête pour me faire une énorme crêpe à la confiture : merci les bénévoles de l’auberge !
Je m’offre un peu de répit dans les canapés et, vers 14h, je vais me prendre un expresso à la terrasse du bar pour organiser la suite de ma journée. Je vais poser un post-it pour indiquer que j’ai des places pour Chicoutimi et en repassant par l’accueil, je tombe nez à nez avec Orlando (souvenez vous, Québec…). Comment s’est passée votre nuit ? Ils ont réussi à camper mais m’ont cherché dans l’auberge pour m’emprunter mon duvet. Un duvet, vous dites vous, mais tu n’en avais point pris…Effectivement, je suis arrivé sans duvet au Canada mais avec un duvet à Québec. Quel est donc ce mystère qui vous tient tant en haleine ? Caroline avait encore frappé. Elle m’a laissé son duvet en partant de Québec en me disant qu’elle me le confiait mais qu’elle le récupérerait à Tadoussac. Sauf qu’à Tadoussac, point de Caroline mais Orlando et Sandrine qui n’avaient point de duvet mais qui ne m’ont point trouvé, point final ? Presque… Toujours en discussion avec Orlando, j’entends crier « Fred » derrière mon dos et les deux soeurs me tombent dessus et nous sommes tout content de nous retrouver. Le duvet a, enfin, retrouvé sa maman ! Caroline et Lucie me présentent leur copine Lauren ( qui n’est pas trop quiche d’après Caroline) et nous allons boire un coup pour fêter nos retrouvailles. Elles ont campé à 25km de Tadoussac car l’auberge ici était au complet.
Nous décidons d’aller nous balader vers le lac qui se trouve près de l’auberge. Pour accéder au lac, une personne de l’auberge nous dit qu’il faut aller en direction d’une petite maison au toit rouge, qu’il faut passer dessous et que c’est la route du lac… Bizarre, mais allons voir…
Effectivement, arrivé près de cette maison, un énorme tuyau circulaire métallique passe sous la route. Telle Alice au pays des merveilles, nous plongeons dans ce tunnel en chantant et criant pour faire raisonner nos voix dans une cacophonie digne de Patrick Fiori (ça c’est fait !). Dés la sortie, nous sommes en pleine forêt, c’est vraiment étonnant et difficilement imaginable quand on est à l’entrée du tunnel. Nous arpentons pas à pas la forêt afin de trouver un endroit pour profiter de ce lieu magnifique. Compte tenu de la chaleur, il y a beaucoup de monde, mais nous arrivons à trouver un coin avec un peu de sable. Les filles veulent se baigner mais je leurs dis qu’une personne de l’auberge m’a indiqué que le lac était plein de sangsues. Il en faut plus pour arrêter Caroline qui plonge rapidement et s’éloigne à la nage. Je n’ai pas mon maillot mais je me dis que mon caleçon fera bien l’affaire.

DSC02446 Je mets un certain temps à rentrer dans l eau qui doit être à 19 / 20°C, soit 15°  de plus que ce matin ! Je ne suis pas le dernier, Lucie arrive péniblement à rentrer après en avoir fait des tonnes !! DSC02450 Je m’allonge de tout mon long à fleur d’eau et contemple le magnifique paysage qui m’entoure. La forêt, l’eau, le soleil, et si c’était le bonheur, s’il n’y avait pas la suite de l’histoire, je m’endormirais… Tout à coup, Lucie nous interpelle de sa voix sybilline : DES SANGSUES ! Effectivement, j’ai plein de petites sangsues d’environ 5 mm qui s’accrochent à mes poils partout sur mes jambes. Et pour les filles, c’est pareil bien qu’elles aient nettement moins de poils que moi ! Le record revient à Caroline avec une sangsue sur le dessus de son pied d’au moins 2 m à moins que ce soit des cm… Nous abrégeons notre baignade et restons encore juste le temps de nous sécher un peu et de discuter avec une française installée à Tadoussac et qui nous dit qu’énormément de saisonniers qui travaillent à Tadoussac habitent sous la tente dans la forêt environnante, les loyers sur place étant trop excessifs. La douche est la bienvenue et je me presse un peu car je dois partir pour Chicoutimi et il est déjà 16H30. Je demande aux filles de faire de même car elles veulent boire un dernier verre avec moi. Je vais chercher mes affaires dans ma voiture garée un peu plus loin sans voir que les filles sont entrées dans une boutique de fringues !! Je me prépare, range mes affaires, programme le GPS et reviens à l’auberge. Des voix caractéristiques m’interpellent et je vois passer les 3 filles bras dessus, bras dessous qui ne partent que maintenant à la douche en me disant avec un sourire désarmant : , »on se dépêche, Fred !  » Après un petit expresso pour moi (tolérance zéro sur les routes au Canada) et des bières pour les filles, nous nous disons adieu…ou pas…dans des embrassades qui n’en finissent pas mais qui sont trop mignonnes. Nous avons vraiment passé des bons moments tous les trois. Tchao bella…

IMG_20140810_233451

Bon, c’est parti mon kiki pour 120 km. Des routes interminables avec le régulateur de vitesse bloqué à 90, mon périple continue à travers l’immense forêt canadienne. La route est un peu lassante et la fatigue me tombe un peu sur les épaules, en arrivant, au lit sans boire ni manger. Le GPS, pour une fois, m’amène juste devant l’auberge, bâtiment au toit rouge, récemment refait. téléchargement   Je vais faire mon petit tour d’inspection sans prendre mes affaires. Je ne vois pas grand monde, la soirée va être calme. Je rentre dans ce qui sert de cuisine et je dis bonjour à deux jeunes. Je leurs explique que je viens d’arriver et que je cherche où manger. Spontanément, ils me disent qu’ils ont fait, avec leurs parents une grosse salade et que je suis le bienvenu pour la partager. Trop fort l’hospitalité canadienne ! Ce n’est donc pas un vain mot, prenez en de la graine, maudits français ! Les parents arrivent peu après, je me présente, ils font de même et je suis très content de louer l’hospitalité…. bretonne car cette famille vient de Quimper !! Je paye ma tournée au bar qui se situe au sous-sol de l’auberge et nous nous racontons nos histoires de Canada, de voile (ils ont un voilier à Douarnenez) et de boulot (ils travaillent dans le médico-social). Leur fille est déjà au Canada depuis un mois car elle a un PVT (permis vacances travail). En France, elle est éducatrice spécialisée, comme ma fille bientôt. Je lui demande s’il existe des possibilités pour travailler à l’étranger. Elle me parle de service civique, peut être une idée à creuser ma fille ! Nous allons nous coucher vers 22h30, la nuit noire tombant vers 21h00 dans la province du Québec. Pour quelqu’un qui devait se coucher tôt, c’est un peu raté ! Il fait une chaleur lourde dans la chambre malgré le fonctionnement erratique d’un pauvre ventilateur. Demain, départ pour La Tuque en longeant le lac St Jean.

J’ai quelques soucis informatiques pour le transfert de photos. Je rajouterai d’autres photos dès que possible….

Plus dure sera la chute…

août 10th, 2014

Je trouve que mon auberge ressemble un peu à des vendeurs de sommeil. Je ne la recommenderai pas à d’autres personnes. Après avoir pris un bon petit déjeuner reconstituant à base d’oeufs, de jambon et d’ananas frais, je surfe sur Internet car, comme beaucoup de bars au Canada, le Wi-Fi est gratuit. Et, oh surprise, Sandrine (non pas la mienne, une autre, faut suivre un peu ce que je raconte !) m’a écrit : elle et son copain sont intéressés pour 2 places pour Tadoussac. Trop fort le covoiturage même sans téléphone.
Je décide d’aller visiter les Chutes de Montmorency, chutes qui font 30 m de plus que celles du Niagara.

chutes d’en haut

chutes de côté

chutes d’en bas

 

C’est sympa d’être opérationnel tôt le matin mais les chinois sont aussi matinaux que moi ! Après avoir payé l’entrée 11$, j’entame mon périple tout autour des chutes en compagnie de deux bus chinois. Le paysage est grandiose et je descends jusqu’au pied des chutes où je suis trempé mais heureux d’être rafraîchi sous un soleil caniculaire. Un téléphérique permet de faire l’aller-retour pour 13$. À déconseiller fortement même si la remontée par les escaliers de bois me met sur les rotules.

Je retourne au centre ville de Québec pour repérer le lieu de rendez-vous avec Sandrine et Orlando. N’arrivant pas à me garer devant la gare, je change le lieu de rendez-vous et me gare, avec ma grosse américaine,

IMG_20140809_205608

près du marché du vieux port en envoyant un mail rectificatif à Sandrine and co. Nous finissons par nous retrouver avec plus d’une demi-heure de retard car ils n’avaient pas lu mon dernier message !

Sandrine m’informe que nous allons prendre l’autoroute la plus dangereuse du Québec. Il y a très souvent des accidents de camions surchargés qui n’arrivent plus à freiner dans ce relief accidenté et tourmenté. Trop d’humour les canadiens ! Elle me demande aussi si en France, nous fêtons le 25 juillet : au Canada, le 25 juillet est le Noël des campeurs. Ils se déguisent en père Noël et jouent à la pétanque, MDR.

Une publicité sur le bord de la route me fait rigoler : « Venez déguster nos spécialités à l’hôtel des œillets » et le panneau indique …141 km ! C’est comme si nous mettions un panneau à Auxerre pour un resto à Dijon !

Nous arrivons entier à Tadoussac en longeant une cote magnifique où Sandrine est dans tous ses états car elle a aperçu une baleine dans les flots bleus.

Pour accéder à Tadoussac, il faut prendre le ferry et j’en profite pour prendre une photo de mon GPS car je n’avais encore jamais vu ce logo…

IMG_20140810_115428

Le gouvernement de la province du Québec avait le choix : soit construire un pont pour des millions de dollars, soit créer de l’emploi avec une compagnie de ferry. C’est ce second choix qui a été fait et le ferry

IMG_20140810_003922 IMG_20140810_004410

est disponible 7 jour sur 7 et 24 heures sur 24 pour une traversée qui dure à peine 10mn et gratuitement en plus.

La baie de Tadoussac est magnifique,

IMG_20140810_003906 IMG_20140810_004249

j’en profite pour faire mon premier selfie dans le soleil couchant qui donne à mon visage un joli teint hâlé de bon aloi.

IMG_20140810_004516

Nous abordons l’île à la recherche de l’auberge de jeunesse qui se trouve tout de suite à droite en arrivant. Il y a un monde fou et j’ai, là encore, beaucoup de mal à me garer. Sandrine et Orlando n’ont pas d’hébergement mais ça n’a pas l’air de les inquiéter beaucoup ! C’est beau la jeunesse ! Je paye ma nuit avec le petit déjeuner, le repas du soir avec une soirée concert et le zodiac pour aller visiter les baleines et pars m’installer dans le « grenier », dortoir de plus de 16 lits ! La photo où vous voyez des planches en bois avec des hublots sont encore des niches qui s’ouvrent pour permettre le couchage de 2 personnes…

IMG_20140810_115118

L’auberge, le samedi soir, est un mélange d’auberge espagnole et de Woodstock : une faune cosmopolite et bon enfant se côtoie faisant fi des barrières de la langue et de l’âge.

IMG_20140810_173935 IMG_20140810_173848

Je mange de délicieuses ailes de poulet rôti avec des pâtes aux olives en compagnie de Raphaël, un étudiant en pharmacie de Grenoble super sympa. J’ai remis un pull et un pantalon car le froid et les moustiques contre-attaquent. Je suis en train de m’apercevoir que je consomme autant que ma voiture et que j’apprécie beaucoup la bière canadienne…euh pardon québécoise… Après une dernière, je vais me coucher dans ma chambre single à 16 personnes. En montant, je rencontre un couples de….Grenoble qui me disent que passer 2 jours à Ottawa c’est 1 jour de trop… Je vais y réfléchir pour la suite de mon périple. Je m’endors en pensant aux baleines devant une niche où quelqu’un ronfle, bizarre comme impression !

Réflexions canadiennes

août 9th, 2014

Difficile d’écrire régulièrement quand on a un emploi du temps aussi chargé ! Ecrire sur une tablette est tout a fait possible mais la vitesse de frappe est sans équivalence face à un clavier. Quoi que… Un clavier anglais où l’on cherche pendant des heures les accents devient un moyen d’écrire aussi lent qu’une tablette. Je pense que je vais rédiger tous les 2 jours, il faut aussi que je me repose, moi aussi je suis en vacances…

Mes premiers pas dans Québec ce matin du 8 août pour chercher mon petit déjeuner (petit déjeuner qui n est pas compris dans le prix de 30$, ah l’auberge de Jean à Montréal et ses 20$ avec le petit déjeuner…) me donne l’impression de marcher dans une ville du sud-ouest de la France. Je suis beaucoup moins dépaysé qu’à Montréal. La ville parait plus sage, peut être plus fermée, c’est aussi la seule ville fortifiée d Amérique du nord, ceci expliquant cela…

Le ventre plein et rebondi, je cherche une place de parking pour la voiture. La voiture, c’est quand même la galère dans les grandes villes canadiennes. La seule solution est un parking payant mais toutes les solutions sont bonnes plutôt que de payer 52$ d’amende voire même de se faire embarquer sa voiture en fourrière !

Sac au dos, me voilà prêt à partir à l’assaut de cette ville fortifiée. Après avoir demandé des explications précises à l’auberge de jeunesse, je pars à l’opposé et marche, sous un soleil de plomb, pendant une bonne heure en me fiant à mon sixième sens complètement faillible. Je trouve un joli pont fleuri qui, j’en suis sûr, doit me rapprocher de mon but ultime. À l’auberge, ils m’ont dit que ça devait monter, et là, ça a l’air de monter…

DSC02376

J’entame  l’ascension pour la vieille ville par un escalier métallique qui permet de gagner de précieux mètres. Je suis impressionné comment des semis remorques aussi gigantesques peuvent circuler dans cette vieille ville. D’ailleurs à propos de supers camions, je n’ai pas l’impression qu’ils aient un limitateur de vitesse comme en France, ce qui fait que sur l’autoroute, vous vous faites doubler à 110 km/h par des monstres d’acier qui en plus, parfois, dégagent des fumées noires dignes des premières locomotives partant à la conquête de l’ouest. Au vu de la pente des rues, je me demande comment se passe l’évacuation des eaux lors de pluies diluviennes…

DSC02382 DSC02379DSC02380

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme vous pouvez le constater, leurs poteaux téléphoniques sont en lévitation permanente ce qui leurs permet d’alléger leurs factures téléphoniques. Quant à leurs portes de garage, c’est à celui qui aura la plus kitsch !

 

DSC02385 DSC02386 DSC02384

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ça, c’est une photo souvenir pour ma chérie car c’est là que j’ai ramassé un objet pour elle…

 

DSC02387
Ces immenses avenues où je vais peut etre voir apparaitre la reine d Angleterre, peut etre…

 

DSC02390

Le quartier St Jean, son petit cimetière St Matthew et sa bibliothèque juste à côté dans un édifice religieux puis sa porte pour entrer dans la vieille ville.

 

DSC02393 DSC02394 DSC02397

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J aime ces rues pleines de commerce, d’echoppes d’art où les caricaturistes rivalisent d’invention pour attirer le chaland

DSC02398 DSC02401

 

Le fameux château Frontenac sous un ciel que je n’avais pas vu si menaçant et où la vue sur le St Laurent est magnifique. Un funiculaire permet de rejoindre la ville basse directement.

DSC02404 DSC02406 DSC02408

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DSC02409 DSC02410

Si vous avez l’occasion, allez visiter les vestiges souterrains de l’ancien château où des canadiens en costume d’époque vous expliquent la vie de ce temps révolu. Une des photos montre ce qui servait de glacière. En hiver, de la glace était rentrée puis recouverte par des pierres et de la paille ce qui permettait au gouverneur de servir des boissons fraîches en plein été aux émissaires du roi de France : succès garanti

DSC02415 DSC02414 DSC02412

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai enfin l’explication pourquoi les Canadiens se simplifient plus la vie que les Français. Ils ont résolu le problème des textes de lois trop nombreux et abscons en les ….refusant… A réfléchir !!!

 

DSC02375

Je devais amener 3 filles à Tadoussac mais elles n’ont pas réussi à trouver un hébergement. Dommage pour elles et pour moi : 45$ d’essence perdus. J’ai eu plus de chance qu’elles pour l’auberge de jeunesse, il restait juste 2 places ! Ça a été l’occasion pour moi de tester les cabines téléphoniques canadiennes. Imaginez une borne incendie bleue avec un combiné accroché dessus, au milieu du trottoir avec un camion poubelle qui passe en même temps. Génial pour comprendre les informations données par mon interlocuteur !
Mode d’emploi : mettre 20 cts dans la machine, composer vôtre numéro en n’oubliant pas de mettre le 1 devant le numéro qu’un gentil canadien vous a donné sans vous dire cette dernière consigne qui change tout, il suffira d’un 1, un matin, un matin tout tranquille… Et vous tombez sur la voix d’une opératrice (OK, enregistrée mais quand même) qui vous dit que, compte tenu du numéro composé, le prix à payer est de 4$ pour 1 mn 30 de conversation. P….de B…..de M…..j’avais rangé mon porte-monnaie dans ma sacoche elle-même rangée dans mon sac à dos. Je sors rapidement 2 fois 2$ mais la machine n’accepte pas des pièces supérieures à 1$ ! Heureusement j’en ai. J’ai le responsable de l’auberge qui me dit que c’est OK et….me demande mon numéro de carte bancaire ! Qui est tout au fond de ma sacoche qui elle-même….. Je fouille rapidement mon sac à dos pendant que les secondes s’égrènent (57, 56…) et que mon porte-monnaie mal calé sur sa bouche à incendie laisse tomber des pièces sur le trottoir. Je regarde les passants avec un grand sourire, pas de panique j’suis un gars de L’ADAPT. Ouf, sauvé, j’ai un point de chute à Tadoussac.
Je m’inscris sur amigoexpress.com, site le plus connu pour le covoiturage. Je mets mon numéro de téléphone français, ça va être simple pour communiquer ! Il faut vivre d’espoir et ainsi les événements se produisent.
Couché à 20h45, du jamais vu depuis longtemps. Le décalage horaire et mes différents excès des derniers jours ont eu raison de moi. Dans l’est canadien, il fait nuit dés 21h00 et en plus ce soir, il pleut des trombes d’eau. Je m’endors rapidement et les 7 jeunes rentrés dans la chambre pour dormir ne m’ont même pas réveillé.

Humeurs du 7 août…

août 8th, 2014
Pets du matin, journée pleine d’entrain. Excusez moi mais le couchage dans un dortoir à 8 gars a réveillé mes souvenirs d’internat !
Ce matin, levé de bonheur, l’intérêt d’être un peu plus vieux en auberge de jeunesse, c’est que le matin on a la salle de bain et la cuisine rien qu’à soi. Des têtes émergent petit à petit mais on sent que la soirée a été difficile pour certains voire certaines.
Je me prépare rapidement et pars à la découverte de la rue Ste Catherine tant vantée par ma copine Corinne. Le temps est de la partie
DSC02335
et je décide de me lancer un challenge insensé : prendre en photo une voiture française ! À suivre… En sortant du métro, je me retrouve plongé dans un environnement très nord américain : d’immenses buildings,
DSC02368
des rues d’une largeur démesurée et des sociétés bananiéres…
DSC02339
Je visite la cathédrale Christ Church, magnifique monument doté de grandes orgues comme je n’en avais encore jamais vu. La flèche qui orne le haut de la cathédrale n’est pas en pierre mais en aluminium pour arrêter qu’elle s’enfonce dans le sol à cause de son poids.
DSC02341
Juste avant la zone piétonnière de la rue Ste Catherine, vous trouverez des TWP (Toilet With Paper, copyright Fred) propres, spacieuses et calmes à cette adresse.
DSC02353
C’est un immense bâtiment de 5 étages où je me suis promené sans croiser personne. J’en ai ramené quelques photos un peu décalées.
DSC02352 DSC02350 DSC02349
Je décide d’aller visiter le MAC (la classe, non ?), le musée d’art contemporain. La fontaine devant le musée me donne un avant goût des Niagara falls…
DSC02359
L’entrée est à 14$, prix tout à fait raisonnable. La visite est un peu déroutante, pas de fléchage, de sens de visite et en un peu plus d’une demie heure, la visite est terminée ! Certaines oeuvres valent vraiment la peine d’être vues : l’orchestre liquéfié par la température
DSC02363
et surtout la salle aux 300 lampes
DSC02360
C’est une salle où sont fixées deux barres en cuivre que l’on doit prendre à pleines mains. La lumière et le son grave qui emplit la salle se synchronisent sur notre rythme cardiaque. Arrivé tôt à l’ouverture, j’étais tout seul dans cette immense salle et j’ai vraiment eu limpression de faire corps avec la salle et tout son univers.
J’ai toujours pensé que la femme avait une endurance sexuelle bien supérieure aux hommes. De sérieuses études canadiennes tendent à le prouver !
DSC02357
C’est pourquoi elle a le temps de recycler ce qui lui sert de passe-temps : sa planche à repasser !!
DSC02365
Un peu déçu par le MAC, visite trop rapide même si ce que j’y ai vu m’a beaucoup plu.
Je continue ma ballade et tombe sur le premier bureau échangiste de Montréal à moins que je n’ai pas tout compris, étonnant non ?
DSC02340
Les rues de Montréal sont pleines de musiciens ou des spectacles de rue : là des musiciens classiques qui nous montrent leur virtuosité,
là un animal préhistorique échappé des catacombes de la cathédrale…
DSC02370 DSC02367
Je décide d’aller manger une poutine dans la ville souterraine de Montréal. Des dédales de boutiques, de restaurants sous ume lumière artificielle et agressive, décidément je dois être un peu claustrophobe. Pour résumer la poutine, ce n’est pas très bon ! Des frites bien grasses, des cubes de fromage (où sont les 300 fromages annoncés ?), une sauce à viande un peu sucrée, ça calle un coin mais ce n’est vraiment pas la panacée.
Je décide d’aller escalader le Mont Royal pour faire couler tout ça et contempler Montréal d’en haut. En marchant en bord de forêt, je vois d’énormes écureuils pas du tout farouches. Il y en a même un qui vient jusqu’à mon sac à dos pour sentir si je n’ai pas de la nourriture !
Intermède : je n’ai toujours pas vu de voitures françaises…
Je reprends le métro pour retourner chez Jean, je dois transporter 2 soeurs qui vont aussi à Québec, le départ étant prévu vers 16H00. Caroline (comme la soeur de Sandrine) et Lucie (comme la demi-soeur de Charlotte et Julie, à mon age j’ai besoin de moyens mnémotechniques) me disent de prendre mon temps car j’ai besoin de me reposer après la petite nuit que j’ai passée. Je m’endors et le téléphone de l’auberge me réveille exactement pour partir. Après des adieux plein d’émotions, nous quittons notre auberge espagnole pour de nouveaux horizons.
Au bout d’une heure, nous n’avons toujours pas quitté Montréal, nous sommes pris dans une circulation du diable. La route à trois nous parait moins longue surtout en nous racontant des histoires pour rire : Caro en raconte une vraie.
C’est une copine à elle qui croise une personne dans une auberge de jeunesse. La personne lui dit : « I am Eric » et sa copine répond : Moi France… Visiblement quelques problèmes d’audition…!
Les limitations à 100 km/h rallongent considérablement les trajets, à 21H00 nous sommes devant mon auberge de jeunesse, le patron allait partir, je ne sais pas vraiment où j’aurais été coucher…Les filles, sympas, viennent m aider à faire mon lit pour que nous puissions rapidement repartir car nous ne sommes pas à la même auberge de jeunesse. Et c’est là que l’imprévu reprend tout son sens.
Mais avant, je veux terminer par un coup de gueule : je n’ai vu de toute la journée et même sur la route aucune voiture française. Nos cousins québécois nous auraient-ils donc oublié ? Ou bien tout simplement sommes nous incapables d’adapter des automobiles à d’autres marchés que le nôtre ? Franchement, c’est inquiétant pour nous…
Une jolie histoire pour finir la soirée : comment faire 50m en 50mn.
Revenons à nos moutons : nous laissons Caro programmer le GPS et nous partons de mon auberge pour la dernière étape. Le GPS nous indique 20mn, c’est parti pour un tour. Nous roulons sur l’autoroute, prenons deux bretelles qu’il ne fallait pas prendre et arrivons dans une zone pavillonnaire où les motels bizarres côtoient les bars de nuit aux danseuses nues. Un peu déçues les filles surtout après avoir vu où était placée mon auberge ! Par contre, impossible de trouver une auberge de jeunesse malgré nos demandes insistantes à la peuplade locale. Je sens une certaine tension entre les 2 soeurs et je regarde pour reprogrammer le GPS. Je m’apercois que, comme souvent au Canada, il y a plein de rue St François !!! St François, St François Est, St François Ouest. Caro appelle leur auberge en espérant qu’elle ne soit pas fermée et nous reprenons la route exactement en sens inverse. Étonnant non ?
À 22H00, nous arrivons et je me gare juste devant leur auberge…qui fait l’angle avec la mienne. Il faut le voir pour le croire !
IMG_20140808_144836
Nous éclatons de rire malgré l’heure tardive et quand nous racontons ça au responsable de l’auberge, il doit se dire que ces français sont quand même un peu bizarre. Je les aide à transporter leurs affaires et nous décidons d’aller boire un coup pour fêter ça. Après quelques errements dans Québec, nous tombons sur un pub qui fabrique ses propres bières (excellentes d’ailleurs) et qui propose quelques plats dont…la poutine que je remange, malgré tout, pour la deuxième fois de la journée !
IMG_20140808_045727IMG_20140808_045806
Nous faisons quelques parties de baby-foot en enrôlant un canadien pour faire le 4eme. La France gagne haut la main contre le Canada.
Vers 1H00 du mat, la fatigue nous tombe dessus et nous décidons de partir. Lucie insiste bien auprès de sa sœur qu’elle lui a bien donné les clés avant de partir de l’auberge. Caro vide entièrement son sac a main : j’ai toujours été impressionné par la charge utile d’un sac à main féminin, quand y en a plus y en a encore !! Des clés, nada par contre les smarties se répandent sur la table et par terre. Impossible de rentrer à l’auberge sans les clés. Lucie part voir à l’intérieur du bar, le canadien du baby-foot, avec la lampe de son portable rampe sous le baby-foot pour voir si elles ne seraient pas là. Je demande à Caro si elle a bien vidé aussi ses poches de pantalon. La situation est de moins en moins cocasse mais Lucie en passant sa main sur la poche arrière du pantalon de sa sœur fait une découverte qui va changer le cours de leur nuit ! Nous pouvons enfin partir nous coucher, demain sera un autre jour…

Le 6 août, la vie continue…

août 7th, 2014

 

Le 6 août la vie continue
En avant pour la rue Drolet, véritable adresse de mon auberge de jeunesse. Je me gare dans une rue adjacente, la circulation à Montréal est hyper réglementée, je ne peux rester qu’entre 9h et 15h. Il est 8h30, tant pis je prends le risque. Ne rigolez pas, la loi est très stricte, il en coûte 53$ d’amende ou 100$ si on ne paye pas directement prélevé sur mon compte par l’agence de location.
IMG_20140806_220900 IMG_20140806_220915 IMG_20140806_221111 IMG_20140806_221137
J’arrive devant une toute petite maison avec un escalier en bois très raide à monter. Des gens partout sortent de derrière des tentures et c’est d’ailleurs Jean qui m’accueille et m’explique les problèmes complexes de circulation à Montréal. Il m’invite à me restaurer et je prends un petit déjeuner réparateur en compagnie de grenoblois, marseillais et un autochtone…. du Mozambique ! Le couple de Grenoble revient des territoires du nord où ils étaient partis voir les aurores boréales. De gigantesques feux de forêt ont saturé l’air de cendres nauséabondes, bilan des courses, 3 jours enfermés dans leur chambre d’hôtel… Plus de 5 000 km pour rien ! La prochaine fois, ils iront au cap nord, ça fait moins loin !
Je paye 20$ pour la nuit prochaine et pour 2 petits déjeuners, trop cool !
Mes expériences en voiture m’ayant servi de leçons, je décide d’aller voir le quartier Jacques Cartier (ce n’est pas un pléonasme…) en métro. Métro Royal jusqu’au Champ de Mars,
DSC02285
le métro canadien est simple, propre et rapide. J’achète 2 tickets aller-retour (5,50$) et le met dans la machine. Après 4 refus, on m’explique qu’il faut simplement posé son ticket sur la machine pour pouvoir passer : le Canada, c’est pareil que la France mais en un tout petit peu différent !
Ce quartier Cartier est superbe sous le soleil exactement : le vieux port et ses promenades de plus de 12 km au bord de l’eau, son centre des sciences et son exposition sur…. Lascaux (complètement dépaysé, j’vous dis !)
DSC02300
et plein de restaurants et de boutiques sympas. Au début des années 50, Montréal possédait le port intérieur le plus important d’Amérique du nord. Il y a une exposition sur….Napoléon, Salle de gicleurs. Il parait que l’empereur était un chaud lapin, les canadiens l’ont bien compris !
DSC02320DSC02319

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les voitures canadiennes ont toutes une particularité, laquelle ? À vos commentaires, le ou la gagnant(e) aura droit à …toute mon estime.

DSC02315

Les flâneries le long du port sont sujettes à de jolies rencontres qui inspirent le poète. Oh les filles, oh les filles, elles nous rendent marteaux…etc etc

 

DSC02302Juste à côté du port passe une voie de chemin de fer désaffectée, du moins en apparence car soudain, dans un bruit digne de Pacifique 231 passe un train long d’au moins 500m au milieu des voitures, des piétons et des cyclistes. Le temps s’arrête alors et contribue aussi à cette impression d’être ailleurs loin de la banalité du quotidien.

 

DSC02307

Dans les rues adjacentes, de multiples échoppes offrent au promeneur curieux des devantures ouvragées et colorées. Le dépanneur m’intrigue : quelle est donc sa spécialité ? L’informatique, l’électronique, la plomberie ? Que nenni, vous n’y êtes pas du tout. Le dépanneur dépanne le pauvre hère qui a oublié ses oeufs alors qu’il doit faire des crêpes à 8h le soir. Ce sont un peu l’équivalent de nos épiciers arabes en France. Qui l’eût cru ?

DSC02332 DSC02331

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Certaines maisons me rappellent les années du cinéma des incorruptibles où Eliot Ness poursuit les acolytes d’Al Capone à Chicago.

DSC02313

Un peu plus loin, un guitariste doué balaie le répertoire acadien. À droite, un panneau indique le nom des groupes ainsi que leur ordre et jour de passage. Sympa comme initiative.

DSC02325

 

Sur le port, j’ai droit au tournage de « plus vite la belle », je me sens l’âme d’un paparazzi.

 

DSC02297

 

Je rentre avant 15h pour déplacer ma voiture et la mettre du côté gratuit du trottoir pour ne pas payer l’amende. Nous passons la fin d’après-midi à jouer au poker et à écouter des chants à la guitare et au piano.

http://youtu.be/-oIrAzmQdsk

Je joue la lettre à Élise apartheid (sans les notes noires bien sur !), histoire de rigoler un peu, mais la version originale plait nettement plus.

La soirée commence autour de mets locaux partagés entre tous (bières et puis aussi des…bières) et nous finissons la soirée autour d’un verre au Divan Orange en écoutant un groupe local quelque peu soporifique…

http://youtu.be/7-skmRrF57g

Je rentre le premier vers 23h en me perdant encore un peu dans toutes ces rues qui se ressemblent. Je me couche avec ma tablette pour écrire mes dernières lignes. Les derniers fêtards viennent se coucher et je suis bercé par le délicat ronflement d’un anglais qui a du un peu abuser de la Cervoise…

Bonne nuit quand même et attention aux chutes !DSC02318DSC02333

 

 

 

 

Les premiers pas

août 6th, 2014
Le temps est un peu comme chez nous, ensoleillé et orageux.    Première mission, récupérer ma valise. D’un coup d’oeil habitué et sûr, je repère que les valises de mon vol arrivent sortie 6. Je me mets devant le manège à bagages et je regarde passer, passer, passer.. jusqu’à une dernière Samsonite rose mais mon sac, nada !
Ça commence très fort, comment survivre au Canada avec un seul slip, même propre ! Je vais porter réclamation auprès de Air-Canada en expliquant en long en large et en travers qui je suis, d’où je viens et dans quel état j’erre…pour m’entendre dire avec un accent caricatural : c’est sur qu’c’est géénnant mais nous c’est Air-Canada alors qu’vôtre vol c’est Air-Transat ! Le guichet de Air-Transat me confirme que les bagages du vol TS111 ne sont pas encore disponibles sortie 8 !
Me voilà enfin parti récupérer ma voiture, gage de ma liberté que j’ai longtemps cherché comme une perle rare…Après avoir négocié une voiture plus grande pour le même prix, le vendeur de Avis me donne les clés et me dit de récupérer ma voiture tout seul dans un immense parking, ne vous inquiétez pas, elle est à la place E19, c’est une Chevrolet Cruiser (ah ?). Et me voilà parti avec mon gros sac et mon sac à dos. Des années d’études m’ont permis d’appréhender le monde de façon logique et rationnelle : la lettre E se trouve entre D et F, c’est bon, j’ai trouvé. 19 est après 18. Je marche seul confiant dans le monde qui m’entoure. Eh bien non, au Canada, après 18, il n’y a pas 19 ! Je tourne plusieurs fois chargé comme un sherpa, pour m’apercevoir, que comme Pérec (pas Marie-Josée, l’autre) la E19 a DISPARU. J’aperçois au loin un être humain qui s’approche de moi, tout sourire, nullement inquiet de l’abominable drame qui se joue : en quoi puis- je vous aider ? Je lui explique, il prend ma clé, appuie sur le bouton ouverture et la E9 scintille de mille feux. Ça doit être une erreur me dit-il rassurant. Je paraphrase Kennedy à Berlin : I am an American, j’ai une plaque de New-York, la classe !.
IMG_20140806_212243
Après un rapide briefing sur la boite automatique, je pars à la découverte des grands espaces amérindiens et je m’engage sur l’autoroute en .,…première, la boite auto ne doit pas être bien enclenchée 30 à l’heure sous les klaxons, attention les Canadiens me voilà ! Panique à bord, arrêt sur la bande d’arrêt d’urgence, freinage du pied… gauche et nez dans le volant ! P…de B….  de M….(j’ai aussi traduit les jurons). Je trouve enfin la position adéquate et roule cheveux au vent (ah…) pour m’arrêter à mon premier feu canadien : il y a du vert et du rouge, je gère mais les feux sont systématiquement placés de l’autre côté du croisement, ce qui fait que si tu t’avances jusqu’aux feux, tu es au milieu de l’intersection : déconcertant au départ. Le GPS est en plein délire, il n’a pas l’adresse de l’auberge de jeunesse.
C’est un peu gênant de ne pas savoir où coucher dans un pays étranger. Je refais une tentative : le GPS a bien la rue mais pas le numéro 4156, le plus proche qu’il me propose étant le 8452. Qu’a cela ne tienne, allons y malgré tout. Des dédales d’autoroutes suspendues, au dessus, au dessous de soi, du béton très moche qui donnent à la ville un aspect minéral et peu engageant, mes premières impressions sur Montréal ne sont très positives. Bon, la numérotation de la rue Henry JULIEN s’arrête à 8230, c’est toujours un peu gênant… Un autochtone saura sûrement me renseigner. Bonjour, Salut, Y’a-t-il plusieurs rue Henry JULIEN ?, ben j’sais pas j’suis d’Verdun. Et moi du ch’min des Dames, non je déconne. Effectivement Verdun est limitrophe de Montréal mais toujours pas d’auberge. J’essaye une nouvelle tentative : Salut tu vas bien ? L’auberge, j’connais pas mais la rue JULIEN continue de l’autre côté de l’autoroute. Un grand merci plus tard, j’entame mon périple le plus long de ma journée : la remontée de la rue JULIEN. Il est quand même plus de 23h heures françaises et depuis 5h ce matin, malgré ma fougue jeunesse, je commence à saturer. Jamais, au grand jamais (7865), je n’ai vu une rue (7356) aussi longue (6988) avec autant de stop (6854), de dos d’âne (6786), de vélos en liberté (6432)…This is the end.. Non, c’est impossible, la numérotation s’arrête définitivement là ! Je pète un câble, j’ai besoin de dormir, j’ai dû dormir une demie heure dans l’avion, le premier hôtel que je trouve, je le prends. Mais là où je me trouve, que des maisons, des boutiques ou des hôtels de luxe. Rapprochons nous de l’aéroport, me dis-je, en oubliant que mon GPS dispose d’une fonction recherche d’hôtels !IMG_20140806_212311
Il m’affiche un motel, l’auberge St Jacques. Quel nom bucolique pour un taudis à 75$ la nuit et 20$ en liquide pour la caution de la clé ! La photo est une vue partielle de la salle de bain…ou ce qu’il en reste. Je me couche avec les pas du voisin du dessus qui va bientôt rentrer dans ma chambre. Demain est un autre jour…

Embarquement

août 6th, 2014
Après avoir attendu près de 2 heures et pris un sandwich poulet curry (du moins c’est ce qui était écrit…), j’ai patienté pour l’embarquement : la place 6C embarque tout à la fin ! Pendant le contrôle, le hall d’accueil a eu droit à une évacuation générale, une mallette noire non identifiée ayant été trouvée. À une heure près, j’aurais connu la joie d’un sitting en plein milieu du parking du terminal 3…
Je suis monté par la mauvaise entrée dans l’avion, j’ai du déranger les passagers pour rejoindre ma place… MDR !
Ça y est nous avons décollé, l’avion fait un drôle de bruit, je me demande s’ils ont fait la vidange et changé la distribution.
Plus que 7 heures et je foulerai la terre canadienne, un petit pas pour moi, un grand pas pour les autres et vice-versa. J’ai un joli écran pour visionner des films mais il faut savoir lire sur les lèvres et j’ai pas appris… Moyennant 8 dollars, il est possible d’avoir des écouteurs. M’en fous, je lirai sur les lèvres même si c’est sous titré.
Bonjour, ici Fred votre commandant de bord, la température extérieure est de -54 °C, nous volons à 11 000 m d’altitude, notre vitesse est de 800 km/h.
J’ai oublié de prendre un pull dans l’avion, par -54 °C, je pense que je l’aurais bien supporté. Heureusement, on peut avoir un « kit » de voyage comprenant un oreiller et une couverture… pour 9 dollars…Je vais refiler une bronchite aux canadiens, ils l’auront bien cherché. Je viens de remplir la carte de déclaration pour pouvoir rentrer au Canada. Je n’ai en ma possession ni gaz poivré, ni insectes (vu ma tête, où se nicheraient les poux ?), ni plus de 10 000 $Can, ni semences (no comment)…et je ne dois pas aller visiter une ferme au Canada (adieu veau, vache, cochon, couvée…).
Étant très bienveillant avec mon prochain, j’ai craqué et acheté le kit confort d’Air Transat ; je ne diffuserai pas mes microbes à nos chers cousins.
Une de mes voisines regarde Peggy la Cochonne mais de là où je suis placé, je n’arrive pas à savoir si elle est devant un écran ou un miroir… À suivre…
Une charmante hôtesse vient de m’OFFRIR une boisson fraiche, je prends le temps de la déguster, car l’hôtesse est déjà partie.
Et si le langage modifiait les comportements ? Après m’avoir servi un délicieux poulet à l’orange et après les formules d’usage (merci, s’il vous plait), elle termine à chaque fois ses phrases par : « Ça me fait plaisir ». C’est elle qui se donne du mal pour moi et en plus ça lui fait plaisir… Commencerait elle là la fameuse hospitalité canadienne ? Je vais étudier ça.
YES, j’ai passé le niveau 41 dans Candy Crush au dessus de la mer du Labrador à pile poil 18h00 heures françaises soit midi à Montréal, c’est un signe du destin comme disait Valéry.
Je me fais servir 2 verres d’eau pour fêter ça avec deux petits chocolats, ah, pardon, c’est une option pour ceux qui ont pris le  » billet plus », ça fera 2 $, ben…non alors, du coup ça me fait pas plaisir !
Ma voisine de gauche se réveille. Bien dormi, pas trop froid ? Vous êtes déjà allé au Canada ? Vous êtes d’où ? Et nous voilà partis à discourir sur les différences entre la France et le Canada. En fait, c’est une française qui partage son temps de travail entre Lyon et Montréal. Sa bio tirée de Google :
Julia Csergo est maître de conférences d’histoire contemporaine, Université Lumière-Lyon 2, Membre du Laboratoire d’Etudes Rurales, Lyon2-CNRS/INRA, Membre du Laboratoire Images Sociétés Représentations, Paris 1-CNRS.
Docteur en sociologie (École des hautes études en sciences sociales, Paris, 1986). – Historienne des pratiques sociales et culturelles.Spécialiste d’histoire de l’alimentation, Julia Csergo place d’abord son travail dans une approche pluridisciplinaire. Ce n’est pas tout. Pour elle, la recherche est un acte social et nécessite un retour vers la sphère sociale. Son parcours le prouve : elle a, entre autres, été responsable scientifique, auprès du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, du dossier de candidature du repas gastronomique français au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, dossier qui a été reconnu en novembre 2010.

Et bien à vingt heures, heures françaises, nous parlons bouffe, vins et fromages. Et saviez vous chers lecteurs assidus, que le Canada a au moins 300 fromages différents ? Bon d’accord, ils sont loin d’être tous bons, mais les clichés ont la vie dure. Je parle évidemment de mes enfants avec Léa à Lyon et Nicolas en cuisine. Spontanément, Julia me donne son mail et prend les coordonnées de Nicolas : elle connaît tous les chefs étoilés de Rhône-Alpes mais aussi quelques-uns en bourgogne. Le réseau, y’a que ça de vrai ! Nous finissons le voyage en comparant les systèmes éducatifs de nos deux pays : d’un côté, le pays de Descartes où la liberté d’enseigner est encore dans les mains du pédagogue, de l’autre le pays de la liberté et des grands espaces où un système d’évaluation hyper normatif bride l’imagination et la création…J’en profite pour dire que ma chérie est professeure des écoles et que je pense que c’est une bonne pédagogue…
L’avion entame sa descente et mes tympans aussi, nous continuons à parler mais, n’étant pas un spécialiste de la lecture sur les lèvres, notre discussion devient complètement décousue !
Atterrissage en douceur avec 20 mn d’avance. L’aventure peut commencer !

Départ

août 5th, 2014
Tata touti touti tatum, tata touti touti tatum…Qu’est-ce que c’est que cette fanfare devant les fenêtres de ma belle Sandrine alors que nous sommeillons dans les bras l’un de l’autre ?……P…. de B…… de M……, mon réveil sur le portable qui sonne. Je me lève, ne la bouscule pas car elle n’est point là, cours vers ma cuisine et…. me prends la chaise qui s’était mise traîtreusement en travers de ma route. 5h45, ma journée la plus longue de l’année commence fort ! Allez courage, dans 24 heures je serai sûrement couché… Rasage et lavage express, le balafré qu’on va m’appeler au Canada, le rasoir ayant attaqué par surprise mon menton qui ne demandait rien à personne. Arrivé sans encombre à la gare de Migennes où je discute le bout de gras avec le président…. du club de ping pong d’Appoigny… Ah, salut ça va, tu….vas……bien….., oui je prends le train, ah bon ? À la gare ? C’est dingue ! À plus….
Effectivement, la journée va être longue et en plus j’ai oublié de composter mon billet, y’a plus qu’à attendre le contrôleur… Pour la cinquième fois, je vérifie si j’ai bien mon billet d’avion et mon passeport. Le jour se lève petit à petit sur la campagne icaunaise, Montbard se rapproche, je vais bientôt prendre le TGV qui m’amenera aux pistes du bonheur…
Gare de Montbard, plus de gobelet dans le distributeur donc pas de café. Mon oeil acéré repère le café restaurant de la gare. Un petit expresso en terrasse sous un crachin persistant réchauffe mon coeur d’une langueur monotone… (n’importe quoi !). Tentative aux toilettes, eau coupée, mon pauvre Monsieur, pour trouver un plombier en ce moment, avec tout le chômage qu’on a, c’est pas possible, vous voyez ce que je veux dire, hein (hein version ch’ti).
Ça y est I am in the TGV ! (j’exerce mon anglais, il parait que tous les canadiens ne parlent pas la langue de Jean-Baptiste Poquelin). Les nuages bas au loin noient la forêt d’une mer blanche et moutonneuse. Le soleil apparaît enfin, il va faire beau pour prendre l’avion.
Gros problème dans le TGV, je n’arrive pas à passer le niveau 41 dans Candy Crush, problème de gélatine Sandrine… La rime est riche. Et en plus je dois être loin de la maison car mon Wi-Fi ne capte pas du tout.
Je vois des avions au loin, Roissy approche, il faut que je vous quitte. À très bientôt !!
J’ai passé tous les contrôles du premier coup, sauf pour ma ceinture de pantalon : j’avais oublié de l’enlever et le détecteur a sonné. No problem me dis-je, et je l’enlève tel Rocco Siffredi en oubliant que j’avais pris le porte téléphone de ceinture avec le portable dedans. Je vois passer un vol de portable qui atterrit sous le tapis de contrôle. Un gentil voyageur me le ramasse et me le rend en souriant… No comment.
La suite à Montréal ..
IMG_20140805_075456IMG_20140805_100421 IMG_20140805_100429

TGV

août 1st, 2014

Ça y est, j’ai mon billet pour prendre le train Montbard  Roissy CDG mardi matin. J’arrive directement dans l’aéroport, je saute du train et je monte dans l’avion. Trop cool…. Prochain post sûrement dans le hall de l’aérogare.

Préparatifs…

juillet 12th, 2014

Ça y est, les préparatifs sont lancés, le parcours est tracé. 1 400 km sur les routes canadiennes… Pour l’instant, mes 2 premières nuits réservées à Montréal dans l’auberge de jeunesse Chez Jean au 4136 Henri Julien et 2 nuits à Québec à l’auberge de jeunesse La Belle Planète 386 Rue du Pont.
periple_canada

 

 

Il ne manque plus que la réservation de la voiture…malibu-beige-240

 

Ma lecture de la semaine…

juillet 2nd, 2014

Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol.

Ce roman se passe à Paris et quelques chassés croisés entre Londres et le continent africain… On y croise des crocodiles immobiles et peu volubiles…
Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être..ou pas.

Ce roman est l’histoire de la vie qui défile parsemée de mensonges, d’histoires d’amours, d’amitiés, de trahisons, d’argent, de rêves. On s’y reconnait à chaque coin de pages, on en rit, on en pleure.

Nous en sortons plus lucides sur ce que nous sommes…
images