Le vieux Montréal

Vendredi 15 août

Mon colocataire s’est réveillé à 7h30 ce matin dans notre duplex (je couche dans un lit suspendu) de 3 m sur 2 au doux son de « il est 7h30, vous devez vous lever » répété ad libitum jusqu’à ce que mon voisin du Burkina Faso daigne éteindre son satané réveil. Ça sent un peu le fennec dans la chambre et une bonne douche réparatrice sera la bienvenue.
Je prends mon petit déjeuner en compagnie d’Isabelle et d’une autre française qui habite Besançon mais travaille à Dijon. Je pars ensuite en expédition punitive à la recherche d’un poste de police bien décidé…. à payer ce que je dois !
Comme d’habitude, je me perds et demande ma route à une charmante octogénaire qui, de son sourire bienveillant et attentif me pousse à la confidence. Vous comprenez la circulation à Montréal, et patati, et patata. Elle me regarde avec des yeux de merlans frits et me dit d’une voix de crécelle : « I don’t speak french ! » en me disant tout de même que je suis bien dans l’avenue Laurier indiquée par le panneau juste au dessus de sa tête ! Je finis par trouver le poste de police et paye mon amende en disant au planton de service qu’il n’est pas facile de comprendre les us et coutumes du stationnement à Montréal et lui, compatissant, de me dire : « C’est vrai ce que tu dis ! » Il y avait longtemps que je ne m’étais pas senti si bien compris…
Je reviens à l’auberge en faisant un détour par l’épicerie-boucherie Suarès avec la ferme intention de me cuisiner des spaghettis bolognaises maison. J’ai, pour une fois, l’impression de me retrouver dans une vraie épicerie avec des fruits, des légumes et même de l’excellente viande de boeuf. Je rentre à l’auberge en demandant à Jean comment fonctionne le téléphone au Canada car j’ai acheté une carte téléphonique pour réserver ma nuit dans une auberge à Ottawa dont les coordonnées m’ont été données par l’instit de Marseille. Super Jean me dit d’appeler avec son portable et je tombe sur une interlocutrice anglaise qui ne parle pas un mot de français… Tant bien que mal, j’arrive à dire que je veux un lit pour une nuit dans un dortoir mais la suite devient beaucoup plus périlleuse et je demande à super Jean s’il peut prendre le relais. Il se saisit du portable et, tel un relayeur, prend la suite de la conversation pour donner les références de ma carte bancaire. Après avoir répété 3 fois mon nom, il passe le témoin à Cameron, un australien qui travaille avec lui et qui, visiblement, rencontre lui aussi des problèmes. Visiblement, Bourdeix pose question, appelez moi Bourde comme aurait pu dire Jacqueline Maillant dans papy fait de la résistance !
Je me fais la réflexion que je ne suis pas encore du côté anglophone de la force que déjà des soucis de compréhension se font jour. Quoi qu’il en soit ma chambre est réservée et ça, c’est le principal. Pour remercier Jean, je lui fais goûter mes fromages et mes spaghettis bolognaises qu’il trouve excellents.
Je redescend dans mes appartements, ouvre un peu la fenêtre de la chambre qui se trouve en rez-de-jardin et entend des voix que je reconnais immédiatement : Lucie et Caroline, le retour !! Elles me sautent au cou et nous nous racontons nos parcours respectifs. Elles sont restées plus longtemps à Tadoussac et ont vu les baleines beaucoup mieux que moi, les veinardes ! On se donne rendez-vous pour l’apéro ce soir car, maintenant, elles ont un rancard avec une canadienne rencontrée à Tadoussac et qui n’est pas ma tante (il fallait que je la fasse !). Quant à moi, je veux absolument aller visiter le château Ramezay, l’ancienne résidence du gouverneur de Montréal et retourner vers la place Jacques Cartier et le vieux port car j’ai beaucoup apprécié le vieux Montréal.

La visite de la résidence explique la création du Québec et les différents conflits qui l’ont traversé. Cette résidence a été construite en 1705 et a failli être détruite en octobre 1893 suite à la faillite de son nouveau propriétaire.

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Je vous ferai grâce de tous les détails historico-historiques mais j’ai pris quelques photos dont certaines sont dédiées à Sandrine.

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L’image de gauche est une bouillotte de voiture, originale non ?

Et celle là, vous aviez déjà vu ?

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Il y a aussi une exposition sur l’évolution du système judiciaire canadien et où sont expliquées les différences entre les systèmes français et anglais. Chez nous, on est présumé coupable et il nous appartient de prouver notre innocence, dans le système anglo-saxon, c’est le contraire.

J’ai trouvé une offre d’emploi, si intéressé, faire offre au Texas voisin…

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Je m’arrête boire un Perrier grenadine car j’adore le Perrier menthe mais ça n’existe pas !

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En repartant, je tombe nez à nez avec les Beatles, d’accord il en manque un mais ce n’est pas John Lennon qui est manquant !

Quelle ambiance

Je reviens tranquillement à l’auberge en prenant soin de ne pas perdre mon temps en allant prendre le métro !

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En arrivant, quelle ne fut pas ma surprise de retrouver Hélène, la pianiste de mes premières soirées canadiennes. Nous discutons 5 mn mais elle est de sortie à Montréal. Tchao, tchao Hélène !

Je retrouve les deux soeurs qui arrivent déjà d’un apéro huitres vin blanc et nous commençons notre apéro fromages. Caroline va chercher une bière que nous partageons aussi avec Carlos le mozambicain qui est à l’auberge déjà depuis un mois. Il fait part de ses lectures à Lucie (pieds nus sur la terre sacrée de T. C. McLuhan)  pendant que nous racontons des âneries avec Caroline… Les filles m’invitent à sortir avec elles, allez Fred, on ne rentrera pas tard, c’est notre dernière soirée, tu verras ce sera bien… Et bien non, j’ai résisté à l’insu de mon plein gré et je leurs promets, quand elles partent, de venir leurs dire au revoir demain matin. Bonne soirée les filles !

 

P.S. : il n’était que 4 heures du mat quand elles sont revenues… Il aurait pu être plus tard !

 

 

 

 

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