Embarquement

Après avoir attendu près de 2 heures et pris un sandwich poulet curry (du moins c’est ce qui était écrit…), j’ai patienté pour l’embarquement : la place 6C embarque tout à la fin ! Pendant le contrôle, le hall d’accueil a eu droit à une évacuation générale, une mallette noire non identifiée ayant été trouvée. À une heure près, j’aurais connu la joie d’un sitting en plein milieu du parking du terminal 3…
Je suis monté par la mauvaise entrée dans l’avion, j’ai du déranger les passagers pour rejoindre ma place… MDR !
Ça y est nous avons décollé, l’avion fait un drôle de bruit, je me demande s’ils ont fait la vidange et changé la distribution.
Plus que 7 heures et je foulerai la terre canadienne, un petit pas pour moi, un grand pas pour les autres et vice-versa. J’ai un joli écran pour visionner des films mais il faut savoir lire sur les lèvres et j’ai pas appris… Moyennant 8 dollars, il est possible d’avoir des écouteurs. M’en fous, je lirai sur les lèvres même si c’est sous titré.
Bonjour, ici Fred votre commandant de bord, la température extérieure est de -54 °C, nous volons à 11 000 m d’altitude, notre vitesse est de 800 km/h.
J’ai oublié de prendre un pull dans l’avion, par -54 °C, je pense que je l’aurais bien supporté. Heureusement, on peut avoir un « kit » de voyage comprenant un oreiller et une couverture… pour 9 dollars…Je vais refiler une bronchite aux canadiens, ils l’auront bien cherché. Je viens de remplir la carte de déclaration pour pouvoir rentrer au Canada. Je n’ai en ma possession ni gaz poivré, ni insectes (vu ma tête, où se nicheraient les poux ?), ni plus de 10 000 $Can, ni semences (no comment)…et je ne dois pas aller visiter une ferme au Canada (adieu veau, vache, cochon, couvée…).
Étant très bienveillant avec mon prochain, j’ai craqué et acheté le kit confort d’Air Transat ; je ne diffuserai pas mes microbes à nos chers cousins.
Une de mes voisines regarde Peggy la Cochonne mais de là où je suis placé, je n’arrive pas à savoir si elle est devant un écran ou un miroir… À suivre…
Une charmante hôtesse vient de m’OFFRIR une boisson fraiche, je prends le temps de la déguster, car l’hôtesse est déjà partie.
Et si le langage modifiait les comportements ? Après m’avoir servi un délicieux poulet à l’orange et après les formules d’usage (merci, s’il vous plait), elle termine à chaque fois ses phrases par : « Ça me fait plaisir ». C’est elle qui se donne du mal pour moi et en plus ça lui fait plaisir… Commencerait elle là la fameuse hospitalité canadienne ? Je vais étudier ça.
YES, j’ai passé le niveau 41 dans Candy Crush au dessus de la mer du Labrador à pile poil 18h00 heures françaises soit midi à Montréal, c’est un signe du destin comme disait Valéry.
Je me fais servir 2 verres d’eau pour fêter ça avec deux petits chocolats, ah, pardon, c’est une option pour ceux qui ont pris le  » billet plus », ça fera 2 $, ben…non alors, du coup ça me fait pas plaisir !
Ma voisine de gauche se réveille. Bien dormi, pas trop froid ? Vous êtes déjà allé au Canada ? Vous êtes d’où ? Et nous voilà partis à discourir sur les différences entre la France et le Canada. En fait, c’est une française qui partage son temps de travail entre Lyon et Montréal. Sa bio tirée de Google :
Julia Csergo est maître de conférences d’histoire contemporaine, Université Lumière-Lyon 2, Membre du Laboratoire d’Etudes Rurales, Lyon2-CNRS/INRA, Membre du Laboratoire Images Sociétés Représentations, Paris 1-CNRS.
Docteur en sociologie (École des hautes études en sciences sociales, Paris, 1986). – Historienne des pratiques sociales et culturelles.Spécialiste d’histoire de l’alimentation, Julia Csergo place d’abord son travail dans une approche pluridisciplinaire. Ce n’est pas tout. Pour elle, la recherche est un acte social et nécessite un retour vers la sphère sociale. Son parcours le prouve : elle a, entre autres, été responsable scientifique, auprès du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, du dossier de candidature du repas gastronomique français au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, dossier qui a été reconnu en novembre 2010.

Et bien à vingt heures, heures françaises, nous parlons bouffe, vins et fromages. Et saviez vous chers lecteurs assidus, que le Canada a au moins 300 fromages différents ? Bon d’accord, ils sont loin d’être tous bons, mais les clichés ont la vie dure. Je parle évidemment de mes enfants avec Léa à Lyon et Nicolas en cuisine. Spontanément, Julia me donne son mail et prend les coordonnées de Nicolas : elle connaît tous les chefs étoilés de Rhône-Alpes mais aussi quelques-uns en bourgogne. Le réseau, y’a que ça de vrai ! Nous finissons le voyage en comparant les systèmes éducatifs de nos deux pays : d’un côté, le pays de Descartes où la liberté d’enseigner est encore dans les mains du pédagogue, de l’autre le pays de la liberté et des grands espaces où un système d’évaluation hyper normatif bride l’imagination et la création…J’en profite pour dire que ma chérie est professeure des écoles et que je pense que c’est une bonne pédagogue…
L’avion entame sa descente et mes tympans aussi, nous continuons à parler mais, n’étant pas un spécialiste de la lecture sur les lèvres, notre discussion devient complètement décousue !
Atterrissage en douceur avec 20 mn d’avance. L’aventure peut commencer !

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