Départ de Toronto et arrivée à Winnipeg

Mardi 19 août, Nicolas émerge doucement d’une bonne nuit de sommeil, il ne s’est pas couché aussi tôt depuis, depuis…il ne s’en souvient d’ailleurs plus. Et du coup, il ne s’est pas levé aussi tôt depuis le même temps. Tranquillement, nous reprenons notre route vers le parking en constatant qu’il y avait de la place devant cet hôtel et que nous aurions économisé 12$ de parking. Mais ça, on ne le savait pas, ce n’est pas donc pas la peine de se mettre la rate au court bouillon pour ce petit détail. Nous avons le projet d’aller visiter ce matin la Casa Loma, une maison bourgeoise un peu extravagante située sur les collines de Toronto et recommandée par le guide Hachette du Canada. Mon fidèle GPS nous conduit directement au sein de cette demeure et après avoir payé le parking et l’entrée de la Casa Loma, nous pouvons nous lancer dans la visite de cette demeure de 98 pièces dont 30 salles de bain  et 6000 m² habitables, autant dire du grand n’importe quoi !

Cette demeure fut construite pour Sir Henry Pellatt, richissime hommes d’affaire et ancien militaire qui voulait, à l’époque, avoir une des plus grandes résidences privées de toute l’Amérique du Nord. Ce personnage haut en couleur, sa femme et leur enfant n’habitèrent qu’à peine dix ans dans leur gigantesque demeure de 1904 à 1914 avant de faire faillite.

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Aujourd’hui, c’est la ville de Toronto qui en assure l’entretien. Autant vous dire tout de suite, ce ne fut pas notre tasse de thé avec Nicolas de visiter une succession de pièces toutes plus démesurées les une que les autres. Ma première impression fut de penser au roi de Bavière, Louis II, est son célèbre château de Neuschwanstein dont l’extravagance et la folie de son propriétaire pouvait surement être comparé au propriétaire de la Casa Loma (la maison sur la colline).

Sir Henry Pellatt fit même installer de véritables grandes orgues dans son salon, un fou je vous dis !

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En sortant, nous tombons sur la voiture de son jardinier venu s’occuper des espaces verts !

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Un peu déçu par cette visite, nous allons nous venger dans une pizzeria sur une avenue de Toronto. Je me fais réprimander par la serveuse car nous n’avons pas le droit de fumer en terrasse. Eliott Ness n’est pas loin et les lois contre la prohibition aussi !

Après le repas, j’entame le rangement de la voiture car, dans une heure, nous devons la rendre à l’aéroport de Toronto et prés de 3 semaines d’utilisation en résidence secondaire ont quelque peu changé la physionomie de ma belle américaine !

Nous partons pour l’aéroport en disant au revoir à l’est du Canada et arrivons à l’aéroport sans encombre malgré une petite frayeur à l’arrivée du parking souterrain des agences de location. Juste avant d’arriver, et une fois la barrière levée, Nicolas hurle dans la voiture « Attention, arrêtes toi, on va avoir les pneus crevés ! « . 4 mois sans voir la France aurait-il perturbé le système endocrinien de mon fils bien-aimé ? La bière canadienne contient-elle des adjuvants illicites non adaptés à un jeune public francophone ? Effectivement, au sol, de petits crocs métalliques n’engagent pas à avancer malgré l’ouverture automatique de la barrière. Après une lecture approfondie du panneau de signalisation, nous comprenons, qu’une fois engagé, il ne faut surtout pas reculer car nous risquons d’exploser les pneus. C’est un système qui permet à une voiture d’entrer mais de ne surtout pas ressortir. Plus de peur que de mal ! Nous arrivons assez tôt à l’aéroport car je ne sais absolument pas combien de temps prend l’état des lieux de la voiture. Un agent Avis nous fait signe de nous garer, scanne le code barre sur le pare-brise, fait un tour rapide de la voiture, nous donne un reçu avec 0$ à payer (!!) et nous fait signe d’y aller ! C’est tout ! 5mn, montre en main ! Du coup, nous avons du temps pour notre avion sachant que Nicolas et moi ne sommes pas au même terminal.

Il fait une chaleur lourde et moite au sein de l’appareil et je décide de filmer le décollage afin d’apporter des preuves aux agents du BEA (Bureau Enquête Accident) si notre appareil explose au décollage…

Nous sommes partis pour plus de 2 000 km vers l’ouest canadien, vers Winnipeg, capitale de l’état du Manitoba où Justin Bieber a vécu une grande partie de son enfance, ceci expliquant cela ! J’essaye de dormir un peu mais nous sommes serrés comme des sardines et c’est loin d’être évident. Curieux, je regarde par le hublot et un magnifique spectacle s’offre à moi. J’ai l’impression d’être un capitaine au long cours naviguant sur une mer de nuages, c’est magnifique, poétique, tic tic dans sa petite boutique…

Le voyage dure un peu plus de 2 heures et je filme aussi les environs de Winnipeg. On remarque tout de suite le relief très plat de cette ville qui s’étend sur prés de 500 km² soit plus de 4 fois la superficie de Paris pour un peu plus de 600 000 habitants…

La ville actuelle de Winnipeg fut créée par l’incorporation de plusieurs cités de banlieue, une organisation qui subit ensuite des ajustements mineurs. À cause du terrain plat inondable, la législation décourage l’urbanisation hors des limites de la ville qui est donc entourée de champs.

Etant consciencieux jusqu’au bout, et toujours dans le cadre de ma participation au BEA, vous avez en exclusivité l’atterrissage sur l’aéroport de Winnipeg…Prenez le temps de regarder les ailes de l’avion, c’est impressionnant, on dirait une chrysalide qui va bientôt devenir un joli papillon !

J’attends Nicolas à l’aéroport car son vol arrive un peu plus tard, et la première impression que je ressens est l’espace…Tout est grand et il n’y a pas beaucoup de monde et surtout, la chaleur à 21h00 est encore importante. Et pourtant, pourtant, l’hiver qui vient de se terminer a été le plus froid que Winnipeg ait connu depuis 1898 avec des températures MOYENNES de décembre à février de -20,3 °C ! Les précipitations de neige ont également été les plus importantes depuis 116 ans. Qui dit encore que le dérèglement climatique n’est que le délire de scientifiques peu scrupuleux ?

Nous nous retrouvons pour prendre le taxi qui va nous conduire dans l’antre de Nicolas où il a cohabité avec 10 autres personnes pendant 4 mois. Le taxi roule comme un fangio sur des routes africaines et nous sautons en cœur sur des sièges défoncés en espérant que notre taxi sait ce qu’il fait… 16$ plus tard, nous arrivons dans une banlieue dortoir de Winnipeg où une grande maison nous accueille. Une grande pièce servant de cuisine réunit les dix personnes du groupe au moment des repas ou des apéros et les trois frigos présents sont bien remplis. Nicolas me montre sa chambre, j’ai trop de la chance, sa chambre a un matelas supplémentaire ce qui me permet de m’installer confortablement, du moins aussi bien qu’en auberge de jeunesse. Installé à la table de la cuisine – salle à manger, je vois défiler des jeunes dont j’ai du mal à retenir les prénoms car j’ai l’impression qu’il en sort de partout et que ce n’est jamais les mêmes têtes que je vois ! Impressionnant !

Nous venons encore de prendre 1 heure de décalage dans la vue, 7 heures de moins qu’à Paris, le retour promet d’être difficile pour se réadapter ! Nicolas nous prépare à manger, ça me fait tout drôle, quand nous nous voyions sur Mâcon, c’était moi qui m’occupais de préparer le repas. Il nous fait de délicieuses pâtes au poulet/curry, il assure mon fils !

Le rythme dans la maison est un peu…hors du temps. Levé vers midi, travail à partir de 16H00 jusqu’à 22, 23H00 puis sortie jusqu’à 2 à 3 heures du mat ! Ce soir, pas de sortie mais ce n’est que partie remise ! Nous nous couchons dans une chambre au 3ème étage surchauffée et moite, la nuit promet d’être agitée !

 

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